• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile


En réponse à :


Piotrek Piotrek 30 novembre 2014 14:37

C’est pourtant évident. Par quel miracle notre système pseudo-capitaliste peut-il nous rapporter à nous français la prospérité perdue aujourd’hui ?

Fait historique : l’économie s’est mondialisée, presque tous les pays de la planète se sont basés sur notre modèle de production et de consommation.
On leur a fait produire, ils se sont mis à travailler dans l’espoir d’une « vie meilleure » architecturée autour de babioles, calquée sur nos modèles de société de consommation.
On c’est pas moi ou vous, c’est le système. Système qui :
- Place en haut de l’échelle sociale et de celle de valeurs celui qui produit la breloque la plus rentable (l’oligarque)
- Place en bas de l’échelle sociale celui qui se doit d’acheter la breloque la moins chère possible
Ce double effet, pression concurrentielle et pression consumériste ne pouvait que déboucher vers la mondialisation. La mondialisation a été acceptée à l’étranger uniquement car on a fait briller dans les yeux de l’élite locale notre modèle de vie consumériste.

Les oligarques en ont profité le plus certes, mais on en a indirectement tous profité, on a eu accès à des ressources naturelles exotiques et des produits bon marché, les impôts que payait LVMH grâce à l’export de ses sacs et de ses parfums, c’était de l’impôt à payer en moins.

Ensuite, petit à petit, la barrière du coût de la délocalisation diminua. Les emplois exportés par le prétexte de la concurrence, par le prétexte de l’augmentation du pouvoir d’achat (en baisse depuis 1973) ne concernaient que des taches manuelles simples et répétitives.
Le seul espoir pour les entreprises pour lesquelles le coût de la délocalisation était encore trop élevé, c’était la course à la productivité : produire autant pour moins cher. La France devint le champion planétaire incontestable de la productivité avec un petit bémol : c’est la part salariale qui a fait les frais du produire moins cher.

Mais la productivité ne nous permit pas d’interrompre, la lente progression de la mondialisation, bien au contraire, puisque à un moment on décida de commencer à délocaliser les principes de la productivité. On donna aux pays émergents le moyen de produire pour moins cher comme nous le faisions. On parle encore de qualité du produit. La qualité subira le même sort que la productivité, simple question de temps.

Aujourd’hui, nous en somme arrivés au paroxysme de la mondialisation. Nous en sommes au point qu’il est moins cher de produire des tomates industrielles en Chine. Un container remplit à moins de 18 tonnes coûte 1000$ pour un trajet Chine-Europe.
1000$ voilà la marge de manoeuvre d’un producteur en France qui a envie de produire localement.

Dans cette configuration du monde, c’est pas tant la France qui coule, c’est le reste du monde qui émerge à force de vouloir vivre comme nous avec les mêmes rêves de babioles. Et donc par la mécanique de mondialisation, on voit qu’il n’y a pas de système à sauver puisque nous en sommes victimes de ce système. Symétriquement donc, on ne fait qu’essayer de sauver notre rêve de babioles auquel nous avant tant profité autrefois, comme à un drogué.

Sauver le rêve américain en France n’a que 3 alternatives :
- On se met au niveau des autres, en diminuant le nombre de babioles par ménage
- On crée une barrière magique invisible autour de nous en espérant garder le même nombre de babioles par ménage (ce qui n’est qu’une déclaration de guerre commerciale dont seront victimes les dernières entreprises qui exportent encore. En Chine on dira que les sacs de LVMH sont de toute façon produits à la chaîne)
- On continue de gesticuler et on devient la SNCM du monde.

Moralité, faut pas tenter de sauver le système, mais proposer une alternative. C’est évident :
- Quelques soient vos idées, vous êtes tous motivés par un désir de justice profond qu’aucun aménagement du système actuel est incapable d’offrir.
- Que ce système profite à peu qui n’ont aucun mérite à avoir ce qu’ils ont
- Que le système dégénère partout sur terre laissant au plus grand nombre dans la misère
Et que même si l’on y arrivait par une pirouette magique, il resterait :
- La problématique de la destruction de l’environnement
- La problématique de la dette publique (planétaire)
- La problématique du système financier devenu fou et qui menace d’exploser.

Donc, vous voulez sauver le système pour garder quelques espoirs de pacotilles, c’est ça ? Je crois avoir démontré que ça n’a aucun sens, ni philosophique, ni humain, ni mathématique.


Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON


Palmarès