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Sylvain Reboul Sylvain Reboul 5 décembre 2006 19:24

« Ce dispositif renvoie à la triple essence de l’homme qui par ailleurs le différencie radicalement de l’animal. L’homme est un animal qui travaille, un animal politique, un animal moral (et religieux) »

Je ne vois aucune essence dans ce constat, ce sont des constatations empiriques du reste relatives discutables : La notion de travail est polysémique et certains grecs refusaient, ce que l’on appelle le travail (transformer la nature pour produire sous contraintes des biens et des services économiques destinées à d’autres) pour des activités qu’ils estimaient plus noble (la guerre la politique, la philosophie, la religion) et dans certains mouvements monastiques (les moines mendiants) on se consacrait à la prière et à la contemplation. dans toutes les sociétés aristocratiques dont la grêce antique (la démocratie athénienne est une oligarchie aristocratique), Les nobles ne travaillaient pas, en tout pas au sens moderne de transformer la nature. D’autres travaillaient pour eux (esclaves serfs, domestiques etc..) ;). Le travail était par eux considéré comme une activité servile, c’est à dire non-libre et méprisable. Le travail n’a donc rien d’une essence et sa généralisation est historique.

De même la politique a été longtemps chasse gardée des nobles et autres rois et monarques dont l’immense majorité étaient exclue ; la encore l’élargissement de le chose politique est le résultat d’une évolution historique vers la démocratie.

Enfin la religion n’est en rien universelle, l’athéisme existait en Grêce antique (Démocrite, Epicure) et à Rome (Lucrèce) et voulez-vous que je vous dise ? je me passe très bien de religion. Comme quoi Habermas a raison. Tout ce que vous appelez essence n’est que produit culturel multiforme variable, et parfois totalement inexistant. L’existence sociale multiforme des humains fabrique des essence idéelles artificielles toujours temporaires..

Quant au sens de l’existence , il est aussi culturel et empirique que tout le reste ; Voulez-vous que je vous dise ? La question du sens unique de l’existence n’a peut-être aucun sens, si ce n’est pour qui voudrait m’en imposer un et un seul. Les désirs me suffisent et ils sont pluriels, voire souvent contradictoires ; ce qui m’oblige à faire des choix pour mettre un peu d’ordre dans ce chaos. Et je n’ai pas besoin d’invoquer le bon dieu ou un sens général de ma vie, et encore moins de la vie, pour cela.


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