@Fifi Brind_acier
Vrraiment, Hitler
approuvait cette carte retenue par EELV et l’eurominority group (sic)
? C’est une grossière imposture de le faire croire. Tout comme l’est
le discours de ce lien, qui essaie d’opposer une « légitimité »
française à une Europe qui serait on le devine centraliste, tentant
d’imposer ses vues aux peuples – un vrai poisson d’avril !
Seulement, si
l’auteur voit la paille dans l’oeil de ses adversaires et est
incapable de voir la poutre dans le sien, cette carte pêche par bien
des côtés. Inexactitudes et contradictions la parsèment, lui
donnant un caractère relevant de l’amateurisme.
Savoie, Val d’Aoste,
Lyonnais et Suisse romande (à part un petit bout de canton du Jura,
bourguignophone) ne sont en rien des régions naturellement
francophones, et encore moins ethniquement « françaises »,
mais arpitanes (terme plus joli que franco-provençal). Langue qui se
trouve d’ailleurs être aussi pérsente dans le nord-ouest du
Piémont, que la même carte place dans le domaine « italien »
(guillemets de rigueur, pour des raisons à voir plus loin). Au sein
des vraies parlers d’oïl, le wallon est tellement distinct,
dépourvue d’intelligibilité mutuelle avec le français, qu’il
mérite le statut de langue à part. Comme le poitevin, d’ailleurs,
plus d’oc que d’oïl. De toute façon,dans le cas de la Wallonie,
inclure cette région dans le groupe « français » ne montre
que le caractère vain des auteurs, à moins que ce ne soit leur
ignorance complète, car ce peuple ne se reconnaît absolument pas en
la France et est anthropologiquement bien distinct (comme le sont
aussi Franche-Comté, Bourgogne, Lorraine, sans parler des romands
qui comme les Wallons sont opposés à la France). En revanche, la
Haute-Bretagne oïlophone est incluse en dehors de l’ethnie
française, alors que selon les critères bidons utilisés ailleurs
par cette carte, elle devrait l’être en dedans.
Pour le Piémont,
l’extension du domaine italien à cette région et aux voisines ne
peut pas non plus se justifier linguistiquement, le gallo-italien
étant une langue distincte, plus proche de l’arpitan et de l’occitan
ou du rhéto-romanche que de l’italien, en fait il en est plus
différent que le vénitien qui à leurs yeux suffit pourtant pour
faire une « nation » ou « ethnie » ou "groupe
linguistique" distincte. Pas plus n’est-elle justifiée du point
de vue identitaire, la Padanie ayant marqué sa diférence d’avec le
centre et le sud de la péninsule Et en s’en tenant à l’aspect
purement linguistique, ils font bon cas du gascon, de et de
l’asturo-léonais, semblent croire que la Cornouailles parle cornique
et la Basse-Ecosse gaélique, que le galicien n’est pas du portuguais
(par contre l’Aragon est divorcé de la Castille, alors que sa
langue, certes distincte, l’est plutôt moins que l’arpitan l’est du
français ou le gallo-italien de l’italien) etc... Ils ignorent les
grandes différences ethnographiques qui peuvent traverser ces
ensembles et en unir d’autres (ainsi les suisses sont homogènes,
alors que les « français » d’oïl, les « espagnols »
ou les « italiens » sont très hétérogènes) En réalité,
on ne sait pas quels sont les critères choisis, sentiment
d’appartenance/national/identitaire, ethno-anthropologique,
linguistique, puisqu’elle est incohérente quelle que soit celui qui
est retenu.
Un gloubi-boulga de
peu de significations, donc ; mais cette tentative charlatanesque ne
doit pas faire oublier que le premier problème est celui de
l’uniformisation, que cette uniformisation commence par la France,
(l’Union Européenne n’étant pas le vrai problème), et que cette
carte est une tentative bienveillante mais terriblement maladroite de
la combattre.