Autre chose : l’apathie des Français, qui ont accueilli sans sourciller la nouvelle du vote de cette loi, est, elle aussi, inquiétante. J’avais pronostiqué que nos compatriotes ne bougeraient pas, et c’est ce qui s’est passé, ce dont je ne tire aucune satisfaction. Mais le fait est que, dans leur très grande majorité, les Français, persuadés de la nécessité de renforcer les moyens de la lutte contre les « ennemis de la nation », ne perçoivent pas le danger pour eux-mêmes.
Un manque de lucidité, ou un renoncement fataliste, que l’on avait déjà constaté, dans un domaine très différent, lors du vote des parlementaires en faveur du Traité de Lisbonne, malgré le désaveu du texte par référendum en 2005.