Le Prince Vert. C’était son surnom au sein du Shin Bet, le Service de renseignement intérieur d’Israël. Fils de l’un des leaders du Hamas en Cisjordanie, dont il était aussi le secrétaire particulier, Mosab Hassan Yousef fut de 1997 à 2007 une « taupe » de choc, livrant des informations qui ont fait échouer nombre d’attentats et ont permis d’arrêter notamment Ibrahim Hamid, un chef militaire du mouvement islamiste, et Abdallah Barghouti, expert en explosifs. Héros pour les uns, traître pour les autres, cet homme au regard pénétrant était l’invité d’honneur, hier soir à Genève, du dîner de gala de l’ONG UN Watch.
Vous dîtes que vous avez été élevé dans un mensonge… La cause palestinienne n’est-elle donc qu’une illusion ?
Ecoutez, le véritable ennemi de la société palestinienne, c’est elle-même. Comme la plupart des gens, j’ai été élevé dans un délire de persécution. On nous disait qu’Israël, les Etats-Unis, l’Occident tout entier, hait les musulmans et cherche à anéantir l’islam. J’ai grandi dans la théorie du complot.
A cela s’ajoute le complexe de supériorité islamique. Toute autre religion ou idéologie est forcément dans l’erreur. Y compris ceux qui veulent la séparation de la mosquée et de l’Etat. Ou ceux qui ne croient pas en la violence. Ces œillères, il n’y a rien de pire. Même si on veut nous faire croire que les leaders du Fatah et du Hamas luttent pour la cause palestinienne, on sait bien qu’en réalité qu’ils sont surtout guidés par leur soif de pouvoir. On est dans une mentalité typiquement tribale…
La violence n’a pas tellement réussi aux Palestiniens. Pourquoi l’activisme non-violent ne mobilise-t-il pas les foules ?
Il y a, bien sûr, des Palestiniens éclairés, mais ils n’ont pas le pouvoir. Globalement, la société palestinienne est très violente. Les maris frappent leurs femmes, les parents leurs enfants, les disputes entre voisins dégénèrent, quand ce n’est pas entre tribus !