La Russie n’a pas encore terminé sa transition vers une économie de marché. Vingt
ans après l’implosion du système soviétique, on peut dire qu’en voulant
aller d’un point A (l’économie soviétique) à un point B (une économie
de marché idéalisée), la Russie a atteint un point C difficile à
définir : le pays se situe encore dans une situation de transition du
système communiste vers un futur incertain. Certaines distorsions de
l’économie soviétique sont demeurées alors que d’autres ont laissé place
à un excès inverse. Au surinvestissement a succédé un
sous-investissement face aux besoins du pays.
En réalité, la crise actuelle était parfaitement prévisible.
L’analyse de la structure de l’économie russe semble bien indiquer
qu’elle sera durable, même dans un scénario dans lequel les prix des
matières premières augmenteraient rapidement. Néanmoins, la façon dont
le pouvoir politique va réagir aux problèmes futurs n’est pas facile à
prévoir. Ce qui est certain, c’est que la crise de l’économie russe que
nous observons aura des conséquences politiques et poussera les
dirigeants à prendre des choix difficiles. La tendance à un virage vers
l’autoritarisme, observable depuis 2003, se poursuivra-t-elle ?
Comment la posture de la Russie sur la scène internationale va-t-elle changer si la crise se poursuit ? Ces questions ne trouvent pas de réponse à ce jour.
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