@ Dragoncat
J’aurai préféré que vous en teniez pour la liberté d’expression comme un principe intangible uniquement. Votre argumentation de l’utilité de la liberté me semble erroné sur plusieurs points, je vais essayer de le montrer dans un espace raisonnable.
Culpabilité versus culpabilisation : la lecture de ce fil vous montrera qu’il est impossible d’utiliser le terme raciste de manière neutre, que les intervenants euphémisent systématiquement en « identitaire » et autres périphrases, ou au contraire utilisent comme une arme disqualifiante. C’est donc que la société a intégré sous une forme de valeur négative le racisme, comme l’inceste, par exemple. Et une société ne se pose pas tous les jours la question de la pertinence de la prohibition de l’inceste.
Sur le FN : au risque de vous choquer, je suis tout au contraire surpris de son relatif faible impact électoral. Je m’explique : ses thématiques sont reprises par l’ensemble des partis, jusqu’à l’extrême-gauche elle-même. Si bien qu’il n’est pas besoin d’avoir le FN au pouvoir pour voir sa politique appliquée. Sur ce thème, c’est l’objet d’un article qui m’a été refusé, je le comprends, la thèse est provoquante, et je n’ai peut-être pas assez convaincu.
Pour finir, vous dites, et je lis régulièrement qu’une bonne argumentation finit toujours par avoir raison du racisme. Je ne le crois pas, du moins pas en dehors d’une assemblée de scientifiques. Il y a de l’acte de foi à affirmer l’unicité de l’humain, et l’égalité des hommes et des femmes partout sur la planète. C’est un sentiment presque religieux, qui n’est sans doute pas sans rapport avec le christianisme. Je ne peut que faire référence ici à l’oeuvre de R. Girard pour indiquer ou je puise cette idée.
Donc, mon point de vue serait celui d’une écologie de l’esprit : des mécanismes, des tabous, des prohibitions sont en place, il est parfois difficile de les justifier rationnellement, mais les abolir peut certainement libérer des forces que nos parents avaient, à grand peine, enfoui.
J’ai été plus long que je ne pensais, vous m’en excuserez.
Le Peripate.