@ Isga :
Quand au Grexit que tu me prêtes... lis ces lignes issues du lien plus haut que tu n’as pas daigné lire tant tu es pressé d’aligner tes âneries :
« Mais, surtout, cette nouvelle matrice laisse penser que la lutte de
classes en Europe se fait désormais selon un nouveau schéma, opposant
les travailleurs et les peuples à un ennemi unique : l’Union Européenne.
Or, cette équation connait un grand absent : l’Etat, c’est à dire le
siège contemporain du pouvoir des bourgeoisies nationales, qui y
concentrent l’essentiel de leur investissement politique, les forces de
répression que sont la police et l’armée, les mécanismes de négociation
et de corruption du mouvement ouvrier, l’Etat qui est, aussi, pour ce
qui nous occupe, le principal outil dont dispose chaque classe dominante
nationale pour défendre ses intérêts propres au sein de l’Union.
Quand
l’UE n’est qu’une politique menée par les différentes bourgeoisies qui
ont signé ses traités, politique réversible si les coordonnées qui l’ont
rendu profitables aux principales classes dominantes du continent
venaient à changer, l’Etat, lui, n’a rien d’une contingence et marque
l’ensemble de l’étape historique capitaliste. Son « oubli » au sein
d’une stratégie politique proposée aux exploités et aux opprimés ne
revient qu’à préparer de nouvelles adaptations, comme la possibilité de
former un gouvernement en son sein à partir du moment où celui-là
s’opposerait à l’UE, comme si son renversement avait cessé d’être un
critère fondamental de toute politique révolutionnaire.
Et c’est précisément pour cela que la focalisation unique autour de la sortie de l’euro pose problème. En accord sur ce point avec Michel Husson,
il faut en effet souligner que le retour à la drachme, s’il se faisait
sous l’égide de la classe dominante grecque et de ses tuteurs
impérialistes, pourrait avoir lui aussi des conséquences très dures sur
la population grecque, à commencer par la baisse des salaires et
l’inflation comme le démontre l’expérience de la dévaluation argentine en 2001.
Pour le capitalisme grec, sortir de l’eurozone équivaudrait à une
dévaluation monétaire massive, dans un contexte de grande dépendance à
des importations dont les prix sont libellés en euro, y compris en ce
qui concerne des produits de première nécessité comme l’alimentation. Un
Grexit dans le cadre actuel de l’économie signifierait donc une baisse
drastique du salaire réel des travailleurs, une autre façon, pour la
classe dominante locale et les impérialismes européen, de se décharger
sur la population des coûts de la crise. C’est donc peu de dire que la
sortie de l’euro n’a rien de progressiste en soi. Ici encore, le critère
fondamental est bien de savoir quelle classe, et dans le cadre de quel
processus d’affrontement, mènerait cette opération. »