Analyse intéressante, mais discutable en de nombreux points.
- lorsque Sarkozy dénonce une « faute », et que vous estimez qu’il s’agit donc là d’une « faute parmi d’autres, dénuée de la moinde atteinte à la paix et à l’humanisme en général. », votre interprétation est abusive. Certes, la caractérisation de Badinter est plus précise, mais si on peut regretter l’imprécision de Sarkozy, on ne peut pas dire à sa place ce qu’il y met ou pas.
De fait, on a l’impression que vous cherchez dans le discours de Sarkozy tout ce qui irait dans votre sens, quitte à interprêter au mépris de la justesse.
- Badinter parle de Haute Cour irakienne : il reconnaît donc (tout en le déplorant) le caractère national de ce tribunal. Saddam, dictateur irakien, jugé par des Irakiens pour des crimes que personne ne conteste, pas même la communauté internationale. Certes, tribunal sans doute engagé, mais les réserves de Badinter visent davantage son combat contre la peine de mort que la culpabilité de l’ancien dirigeant irakien.
Dès lors que Badinter a en tête la peine de mort, et Sarkozy la mise en oeuvre d’institutions irakiennes, il est abusif de comparer terme à terme leurs positions sur ce point.
- dans un premier temps, vous dénoncez le clan chiite (quand même 60% de la population irakienne...) qui a pris le pouvoir (avec l’aide US) en Irak ; de l’autre, quand un juge chiite est remplacé par un kurde, vous optez pour un autre angle d’analyse...
Là encore, même si la situation est complexe, c’est un peu facile de votre part.
In fine, votre but est de dénoncer « l’altantisme » de Nicolas Sarkozy et son rapprochement avec la position des « neo-conservateurs » et de « l’administration américaine ».
Sauf que le combat de Badinter est la peine de mort ; que Sarkozy est tout comme lui opposé à la peine de mort ; et que l’analyse des divergences de discours de Sarkozy et Badinter autour de l’exécution de Saddam reste inefficace pour prétendre décrire la position de Sarkozy à l’égard des USA.