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izarn izarn 12 décembre 2015 14:10

Au lieu de parler de la hantise du FN, faux nez qui écarte de la hantise du fascisme de l’actuel gouvernement avec son état d’urgence.
Un rappel sur l’état d’urgence serait necessaire.
Excellent article paru en 2007 (Hé oui ça sert à etre intelligent le net !)

https://www.cairn.info/revue-le-mouvement-social-2007-1-page-63.htm

Quelques extraits :
L’état d’urgent est voté comme loi par le gouvernement d’Edgar Faure en 1955, au vu des évènements d’Algérie.
Le général de Gaulle, finalement intronisé le 1er juin 1958, ne demanda pas la reconduction de l’état d’urgence, qui fut donc en vigueur moins de deux semaines et dont la portée resta minime.

Différence fondamentale, néanmoins, qui explique la modification de l’état d’urgence intervenue en avril 1960 : au contraire de l’état de siège, l’état d’urgence n’accorde aucun pouvoir à l’armée. Ce sont les autorités civiles qui disposent des mesures exceptionnelles qu’il autorise. Or l’ordonnance du 15 avril 1960 intervient dans un contexte où la confiance du pouvoir en son armée s’est érodée, au point qu’une opération d’élimination des cadres et organismes militaires suspects de manquer de loyauté est en cours.
L’ordonnance du 15 avril 1960 prouve que le général de Gaulle, chef de l’État devenu la cible de tous ceux qui ne peuvent se résoudre à la perte de l’Algérie, a tiré un constat lucide de ces événements : il ne peut plus compter sur le loyalisme des militaires.
L’état d’urgence équivaut alors à un état de siège contournant l’armée.

L’état d’urgence allait alors connaître sa durée d’application la plus longue et la moins contrôlée, puisqu’il est resté en vigueur jusqu’au 31 mai 1963, soit deux ans durant et au-delà de la fin de la guerre en Algérie, où le cessez-le-feu a été proclamé le 19 mars 1962.

La période ouverte par la tentative de putsch, en effet, montre qu’une fois introduit dans le droit français, l’état d’urgence est tombé dans l’escarcelle des moyens mis à la disposition des gouvernements, tentés d’en user comme n’importe quel autre, comme si le recours à l’état d’urgence s’était banalisé à force de prolongations. Et c’est bien parce qu’il est resté dans le droit comme tel qu’il a pu être réactivé en 2005.
 Les tenants d’une ligne sécuritaire, menés par le député de l’Essonne et maire d’Evry Manuel Valls, ont approuvé la décision de Dominique de Villepin.

Le GIGN assassinait Eloi Machoro, le 12 janvier 1985. C’est dans ces conditions que le gouvernement de Laurent Fabius a d’abord prévu, dans la loi du 6 septembre 1984 portant sur le statut de l’île, que l’état d’urgence pourrait y être instauré par le haut commissaire de la République, avant qu’il n’y soit effectivement déclaré au lendemain de la mort d’Eloi Machoro, jusqu’au 1er juillet 1985 .

En 2005 :
Un consensus s’est dessiné pour demander, comme en 1955, «  si l’on ne braque pas un canon pour écraser une mouche »

Un « proche » du ministre de l’Intérieur ne disait pas autre chose lorsqu’il laissait filtrer à la presse, dans un langage plus actuel : « C’est un truc à perdre la face »
Car, effectivement, l’état d’urgence a servi, principalement, à prononcer des couvre-feux dans les agglomérations touchées, alors que les maires des communes possèdent déjà ce pouvoir. Des rassemblements ont aussi été interdits, à Paris et à Lyon.

L’état d’urgence est aussi – et au moins autant – une loi de répression politique qu’une loi coloniale.
Dans tous les cas et suivant des modalités variables sous la IIIe, la IVe et la Ve République, il s’agit, pour l’autorité politique, de recourir exceptionnellement à une répression légale pour tenter de « juguler une crise, de maintenir le régime et d’empêcher un changement perçu comme séditieux, factieux ou subversif »

On peut se demander s’il ne s’agit pas désormais qu’un outil de propagande sécuritaire, dont dans l’utilité est nulle, sauf a maintenir un régime à flot....Donc un instrument fachiste.


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