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Legestr glaz Ar zen 27 janvier 2016 12:26

@Fergus

De toute manière, en considérant les remises de peine et la libération conditionnelle, Mme Sauvage pourrait être libérée en janvier 2017. Hollande le sait. Il sait aussi que tous les journaux, toutes les télévisions, demande la grâce de Mme Sauvage. Il aura beau jeu d’accorder magnanimement celle-ci à la meurtrière. La France en émoi lui sera reconnaissante.

Voyez vous Fergus, dans un précédent commentaire vous avez écrit, en quelque sorte, que je n’avais pas le droit de paraître sur ce fil. Je n’ai donc pas votre autorisation de présenter des arguments contraires aux vôtres. Je suis dans l’obligation d’avoir votre opinion sur les faits. Pourquoi diable postez vous cet article sur Agoravox si ce n’est pour susciter le débat ? Vous auriez apprécié que tous les lecteurs vous ensencent ? Il me semble que d’avoir des arguments contraires ne fait pas de moi un monstre. De prendre la défense de ces jurés, qui n’ont rien demandé à personne, et qui se retrouvent maintenant sur le banc des accusés puisque la peine qu’ils ont prononcée est supposée être trop lourde. Ils seraient, toutes et tous soumis psychologiquement ? C’est une bien curieuse analyse.

Si je dois résumer cette affaire, voici ce que le grand public a pu entendre. Mme Sauvage a été violentée et battue par son mari durant plus de 40 ans. Par ailleurs, son époux a agressé sexuellement ses filles. Mme Sauvage a tué de trois coups de feu dans le dos son ignoble mari, pour mettre fin définitivement à ces atrocités, à ces violences conjugales. Terrorisée psychologiquement, elle n’a jamais osé dénoncer son mari à la justice. La cour d’Assise l’a condamnée à 10 années de réclusion criminelle, sans prendre en considération son passé de femme battue, rendue esclave à son mari.

Oui évidemment, c’est une affaire sensationnelle, au premier sens du terme parce qu’elle fait sensation. Comme vous l’écrivez, des centaines de milliers de personnes ont pris fait et cause pour Mme Sauvage considérant que la sanction est trop importante au regard de ce qu’elle a enduré de la part de son défunt mari.

Il faut donc admettre que ces centaines de milliers de personnes sont plus à même de juger de la hauteur de la peine que 15 jurés populaires tirés au sort et que 6 magistrats professionnels. La présidente de la cour d’Assise en appel était une femme. Les avocates de Mme Sauvage étaient des spécialistes des violences conjugales.

Il faut comprendre qu’au cours de 2 procès en cour d’Assises le jury, qui a prononcé exactement la même peine à l’endroit de Mme Sauvage, n’a pas pris en considération tous les aspects du dossier ? Les 2 jurys des 2 cours d’Assises se sont donc trompés ? Ce sont eux qui ont assisté aux débats, aux auditions, qui ont eu accès à toutes les pièces du dossier. Les jurés, tirés au sort, se sont prononcés, en leur âme et conscience, sur, d’une part, la culpabilité de Mme Sauvage et, d’autre part, sur la mesure privative de liberté qui devait accompagner les faits d’homicide volontaire. Ces 21 personnes, si mes comptes sont exacts, ont donc mal mesuré ce qu’ils faisaient ?

Moi, je me pose la question de savoir pourquoi ces jurés ont tout de même condamné Mme Sauvage à 10 ans de prison, malgré les plaidoiries de ses avocats, malgré l’audition des témoins ? Le jury, lors du procès en appel à la cour d’Assises, avait connaissance que cette affaire suscitait l’émoi. Malgré cela, il a pris la décision des 10 années de prison. Personne ne développe cet aspect du procès. Pourquoi le jury et les jurés populaires ont-ils une opinion qui va à l’encontre de celle que l’on retrouve dans les journaux et les télévisions ? Pourquoi ? A priori, ils sont les mieux placés pour soupeser et évaluer les faits, les mettre en perspective avec toutes les réalités de l’affaire.

Mme Sauvage s’est tue durant plus de 40 années, parce qu’elle était terrorisée psychologiquement. Ses filles, largement adultes, se sont tues également. Autant sur les agressions sexuelles qu’elles ont subies que sur les violences que subissait leur mère. Ceci pose véritablement question. Si personne ne veut se la poser, moi j’assume ce questionnement. D’autant plus que le jury, par deux fois, n’a pas considéré que Mme Sauvage pouvait sortir libre de l’audience en cour d’Assises.

Alors je vous le dis Fergus, l’argument qui consiste à faire croire qu’un mensonge répété 100 fois devient une réalité ne me convainc pas. J’ai l’esprit trop rationnel et bien trop proche des milieux judiciaires pour savoir que si les 2 jurys, et le second sous une certaine pression médiatique, ont décidé de cette peine de 10 années de prison, c’est que des éléments existaient bel et bien dans le dossier pour que ceci soit rendu possible.

Il m’apparaît que ceux qui s’expriment aujourd’hui ne sont pas les mieux placés pour apprécier les tenants et aboutissants de cette affaire. Il n’y a eu aucune analyse de fond, ni dans les journaux ni dans les télévisions, concernant ce procès. C’est le résumé que j’ai fait plus haut qui a été constamment mis en avant. Alors, évidemment, les gens ont raison de penser ce qu’ils pensent. Il ne pourrait en être autrement. Je me fais, par conséquent, l’avocat du diable et je pose les questions qui peuvent déranger. Evidemment, je ne me réjouis pas de la condamnation à 10 ans de prison de cette femme, évidemment que j’ai poussé le bouchon un peu loin en écrivant que je l’aurais condamnée moi aussi à 10 ans. En réalité, je ne sais pas. J’ai la modestie de dire que je suis incapable de me faire une opinion sur la base des renseignements que je possède. Alors à ceux qui déjugent la cour d’Assises j’ai envie de demander : sur quoi fondez vous votre opinion ?


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