Je partage l’avis de tous qui affirment que la politique de Bush, depuis le début, a eu tout faux : mauvais prétexte, mauvaises méthodes (le fameux licenciement collectif de toute l’armée irakienne), mauvaise stratégie (vouloir faire une guerre, au rabais, en envoyant des troupes trop peu nombreuses, insuffisamment protégées). Une cata sur toute la ligne qui devrait valoir à Bush un « impeachment » en bonne et due forme. Mais une fois qu’on est dans la mélasse, faut-il persévérer et mettre le paquet, ou s’en aller piteusement ? En somme, est-ce qu’une mauvaise politique peut s’imposer finalement par la force de la volonté. Ce qui me trouble, c’est que la plupart des critiques adressées à Bush auraient pu être balancées contre Lincoln pendant la guerre de Sécession : guerre inutile, faux prétextes, coût démesuré (600 000 morts), occupation ruineuse et injuste. Mais cent-cinquante ans plus tard on retient avant tout la suppression de l’esclavage,ce crime contre l’humanité, et la préservation de l’Union.