Bonsoir,
Comme mon pseudo le laisse supposer je suis une femme. Je n’ai pas la prétention, comme certains « spécialistes » de ce forum, de détenir un modèle comportemental universel des femmes pour parler en leurs noms à toutes, aussi je me contenterais de répondre modestement en mon nom personnel et rien d’autre.
En introduction, et comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire dans une autre discussion, je tiens à répéter que je ne crois pas que ces blogs et médias citoyens qui fleurissent un peu partout ne survivent à l’effet de mode qu’ils suscitent actuellement dans la forme actuelle. Reconnaissons aux visionnaires le mérite d’avoir initié l’expérience, mais nous le voyons bien, nous arrivons aux limites de cette approche participative qui n’a pas su se transformer en processus d’intelligence collective.
Pour en revenir à la question posée par l’auteur, il y a plusieurs aspects qui discréditent à mes yeux ce genre de média alternatifs.
Le premier point et peut être le plus important pour moi, le manque de transparence autour des acteurs du processus de validation des articles et des auteurs eux mêmes. Certes pour le processus de validation les rédacteurs inscrits au club des rédacteurs sont impliqués (corrigez moi si je me trompe) mais les articles ne s’adressent pas qu’à eux, et les lecteurs devraient en savoir plus :
- Comment les infos sont vérifiées, avez vous les toutes les compétences nécessaires pour cela au sein de votre comité de rédaction ?
- Comment les références sont validées ? vous le savez bien, aujourd’hui n’importe qui ouvre un site alter-quelquechose et raconte ce qu’il veut. Dans la mesure où on trouve tout et son contraire sur le net, sans avoir soit même de réelles compétences sur le sujet, pas facile de se faire une opinion fiable.
- Comment garantissez vous que les auteurs sont qualifiés pour traiter un sujet. Je ne comprend pas par exemple que certains rédacteurs soient anonymes. Nous devrions savoir à qui nous avons à faire, connaitre leurs compétences et pouvoir facilement les vérifier. Ce qui nous donnerait quelques indications sur le crédit que l’on peut apporter à l’article (référence, informatif ou juste une opinion).
Bien sûr vous allez me répondre que nous sommes dans un processus d’intelligence collective et que cela suffit. Et bien non, car les commentateurs sont également anonymes et nous assistons souvent à une bipolarisation (en gros les pours et les contres), ajoutez à cela les propagandistes et les prosélytes, ce qui ne fait finalement qu’ajouter à la confusion. Enfin chacun affirmant être expert en ceci, d’autres en cela, malheureusement nous savons tous que le net est devenu le lieu de prédilection de tous les mythomanes, affabulateurs et pseudo-spécialistes. Dans ces conditions comment voulez vous que 2 ou 3 véritables spécialistes soient audibles face à une meutes de pseudos-experts auto-proclamés et agressifs ? Il n’interviendra même pas.
Le second point est qu’autant je trouve formidable ce genre de media pour aborder des sujets de société et avoir le ressenti de citoyens, autant je le trouve complètement inadapté à des sujets de spécialistes. Des revues comme « nature » arrivent à se faire mystifier alors que peuvent faire des agoravox. C’est même très grave car une fois l’article en ligne, le mal est fait, la désinformation commence à faire son travail, et il en restera toujours quelque chose.
Voila à quoi vous nous demandez de participer. Les femmes sont plus pragmatiques que les hommes (c’est l’expérience du médecin qui parle et j’en vois du monde défiler dans mon cabinet). Personnellement tout cela je l’ai senti très vite, ajoutez à cela le taux élevé de testostérone qui anime ces débats, cela ne m’encourage pas (et j’ai bien l’impression que je ne suis pas la seule dans ce cas).
Une piste de réflexion pour les administrateurs, le succès est effémaire.
Anne-Marie
PS : désolée pour la longueur du post.