@Thierry SALADIN
L’erreur
de traduction d’un mot japonais vers l’anglais à laquelle vous
faites allusion et qui a permis à Truman de donner l’ordre
d’utiliser la bombe sur Hiroshima avait été soigneusement choisi
par les auteurs du texte pour son ambiguïté même.
En
effet, les militaristes étaient toujours les maîtres au Conseil de
ministres à Tokyo. De jeunes officiers avaient même assassiné un
ministre, pourtant un vénérable vieillard qui mettait simplement en
doute la victoire finale.
C’est
pourquoi les rédacteurs du texte envoyés par les Japonais à des
neutres pour atteindre le président US avaient choisi un mot à
double sens qui ne donne pas prétexte aux bellicistes de les tuer.
« Nous
avons un plan ! » n’arrêtaient pas de clamer ceux-ci, y compris
devant l’empereur, pour retarder toujours la défaite inéluctable
d’un pays-archipel qui n’avait plus de flotte, ni même de marine
marchande livrée à elle-même sur l’océan et facilement coulée
par les sous-marins US qu’on ne se donnait pas la peine de chasser.
Pour
ces gens-là, la vie des civils ne comptait pas : c’était au
contraire un honneur qu’on leur faisait, qu’ils meurent comme des
guerriers et atteignent ainsi une sorte de paradis. Et les 100 000
morts du bombardement de Tokyo, peu auparavant, avec des bombes
incendiaires classiques, n’avait nullement changé leur
détermination.
Le
mot « reddition » était pour les militaristes tout
simplement inconcevable et imprononçable.
Certains
savants atomistes japonais avaient avisé les autorités que la
bombe atomique à laquelle ils avaient pensé quand Truman évoqua
« une arme terrible au pouvoir de destruction jamais vu » et
annonça qu’elle serait utilisée avant d’envisager un débarquement
sur les îles de la métropole (opération pour laquelle le
commandement US craignait la mort d’un million de GIs face au
fanatisme annoncé des militaires mais aussi des civils), serait au
mieux un modèle unique.
Ils
avaient raison pour la bombe à uranium 235, celle Hiroshima. Mais
ils ne savaient pas que les USA disposaient aussi de trois bombes au
plutonium, encore plus puissantes.
L’une
explosa comme test à Alamagordo, la seconde à Nagasaki. La
troisième et dernière put être gardée en réserve.
Car
en effet, ce qui est caché aux Japonais d’aujourd’hui dans les
écoles mais a été dévoilé par un homme vivant dans l’entourage
de l’empereur, ce ne sont pas les bombes A et la mort des civils qui
décidèrent Hiro-Hito à prononcer le rescrit impérial annonçant
la reddition de son pays : c’est la déclaration de guerre de l’URSS
est l’avancée ultra-rapide des troupes soviétiques dans le
Mandchoukouo de Pou-Yi (Cf. le film « Le dernier empereur »).
Or
si les É-U étaient prêts à laisser Hiro-Hito sur le trône et à
ne pas le poursuivre pour crime de guerre, il n’était pas assuré
que les communistes russes, s’ils parvenaient à Tokyo, aient la même
clémence : les communistes japonais avaient été très durement
réprimés avec son accord avant la guerre et les autorités avaient
pendu l’espion russe Richard Sorgue qui avait communiqué à Staline
le jour de l’attaque nazie.
Donc
c’est parce qu’il préférait les Américains aux Russes pour sa
propre survie que l’empereur a forcé les militaires à accepter la
reddition, pas pour son peuple !
Quand
les gouvernements japonais d’aujourd’hui mettent en avant les
souffrances des civils japonais ils nous jouent du pipeau. Surtout
qu’ils ne reconnaissent pas les souffrances inouïes que les troupes
japonaises avaient infligées aux Chinois (certains furent enterrés
vivants), aux Coréens (qui sont encore discriminés au Japon) et à
ses femmes étrangères obligées de se prostituer pour le « confort »
des troupes !
Si
c’était les Japonais d’alors qui avaient disposé de la bombe
atomique, c’est avec joie qu’il l’aurait utilisée. Ils ont de même
essayé de répandre des maladies contagieuses et il a existé un
camp en Corée où ils expérimentaient sur des captifs. Ce camp
n’avait rien à envier aux camps nazis.