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Alren Alren 27 mai 2016 19:55

@Thierry SALADIN

L’erreur de traduction d’un mot japonais vers l’anglais à laquelle vous faites allusion et qui a permis à Truman de donner l’ordre d’utiliser la bombe sur Hiroshima avait été soigneusement choisi par les auteurs du texte pour son ambiguïté même.

En effet, les militaristes étaient toujours les maîtres au Conseil de ministres à Tokyo. De jeunes officiers avaient même assassiné un ministre, pourtant un vénérable vieillard qui mettait simplement en doute la victoire finale.

C’est pourquoi les rédacteurs du texte envoyés par les Japonais à des neutres pour atteindre le président US avaient choisi un mot à double sens qui ne donne pas prétexte aux bellicistes de les tuer.

« Nous avons un plan ! » n’arrêtaient pas de clamer ceux-ci, y compris devant l’empereur, pour retarder toujours la défaite inéluctable d’un pays-archipel qui n’avait plus de flotte, ni même de marine marchande livrée à elle-même sur l’océan et facilement coulée par les sous-marins US qu’on ne se donnait pas la peine de chasser.


Pour ces gens-là, la vie des civils ne comptait pas : c’était au contraire un honneur qu’on leur faisait, qu’ils meurent comme des guerriers et atteignent ainsi une sorte de paradis. Et les 100 000 morts du bombardement de Tokyo, peu auparavant, avec des bombes incendiaires classiques, n’avait nullement changé leur détermination.

Le mot « reddition » était pour les militaristes tout simplement inconcevable et imprononçable.

Certains savants atomistes japonais avaient avisé les autorités que la bombe atomique à laquelle ils avaient pensé quand Truman évoqua « une arme terrible au pouvoir de destruction jamais vu » et annonça qu’elle serait utilisée avant d’envisager un débarquement sur les îles de la métropole (opération pour laquelle le commandement US craignait la mort d’un million de GIs face au fanatisme annoncé des militaires mais aussi des civils), serait au mieux un modèle unique.

Ils avaient raison pour la bombe à uranium 235, celle Hiroshima. Mais ils ne savaient pas que les USA disposaient aussi de trois bombes au plutonium, encore plus puissantes.

L’une explosa comme test à Alamagordo, la seconde à Nagasaki. La troisième et dernière put être gardée en réserve.

Car en effet, ce qui est caché aux Japonais d’aujourd’hui dans les écoles mais a été dévoilé par un homme vivant dans l’entourage de l’empereur, ce ne sont pas les bombes A et la mort des civils qui décidèrent Hiro-Hito à prononcer le rescrit impérial annonçant la reddition de son pays : c’est la déclaration de guerre de l’URSS est l’avancée ultra-rapide des troupes soviétiques dans le Mandchoukouo de Pou-Yi (Cf. le film « Le dernier empereur »).

Or si les É-U étaient prêts à laisser Hiro-Hito sur le trône et à ne pas le poursuivre pour crime de guerre, il n’était pas assuré que les communistes russes, s’ils parvenaient à Tokyo, aient la même clémence : les communistes japonais avaient été très durement réprimés avec son accord avant la guerre et les autorités avaient pendu l’espion russe Richard Sorgue qui avait communiqué à Staline le jour de l’attaque nazie.

Donc c’est parce qu’il préférait les Américains aux Russes pour sa propre survie que l’empereur a forcé les militaires à accepter la reddition, pas pour son peuple !


Quand les gouvernements japonais d’aujourd’hui mettent en avant les souffrances des civils japonais ils nous jouent du pipeau. Surtout qu’ils ne reconnaissent pas les souffrances inouïes que les troupes japonaises avaient infligées aux Chinois (certains furent enterrés vivants), aux Coréens (qui sont encore discriminés au Japon) et à ses femmes étrangères obligées de se prostituer pour le « confort » des troupes !

Si c’était les Japonais d’alors qui avaient disposé de la bombe atomique, c’est avec joie qu’il l’aurait utilisée. Ils ont de même essayé de répandre des maladies contagieuses et il a existé un camp en Corée où ils expérimentaient sur des captifs. Ce camp n’avait rien à envier aux camps nazis.




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