Trois
objections de taille à l’encontre de cette étude qui commet des
erreurs de débutant.
Une
qui est largement évoquée ici, mais qui nécessite de nouvelles
importantes précisions. L’auteur de l’ « étude » délire
totalement sur le nombre de personnes au sein d’une organisation qui
nécessiterait de mener certains complots. Même le caricatural
exemple d’une falsification des missions lunaires impliquant des
milliers d’employés de la NASA, sempiternellement avancé par les
anti-conspirationnistes comme l’argument massue devant assumer les
complotistes de tout poil, n’est nullement probant. Il est évident
que les hypothèses évoquant une mystification des missions Apollo
ne supposent pas qu’une majorité, ni même un très grand nombre des
employés de la NASA, aient été complices. Laissant de côté le
fait que quelques personnes aient bel et bien prétendu avoir été
impliquées dans le trucage de photos venant prétendument des
missions Apollo, et que le moon hoaxer David Percy ait affirmé de
manière répété avoir été informé de l’intérieur par d’anciens
employés, deux exemples nous prouvent que des agences spatiales
peuvent conduire des manipulations à grande échelle en laissant la
plupart de leurs employés hors du coup, même les fournisseurs
pouvant être laissés dans l’ignorance du but final de leurs
travaux.
Le
projet de satellite destiné à la recherche scientifique Discoverer,
conduit par une agence civile spécifique (mais les leçons peuvent
s’appliquer à la NASA), initié en 1959, en réalité une couverture
pour le projet d’espionnage Corona, les charges à but scientifique
étant remplacées par des charges à but militaire sans que le
personnel civil en soit informé, ni que les fabricants sachent
comment étaient utilisés leurs fournitures en raison de la
compartimentalisation. Seul un petit nombre de hauts responsables
savaient de quoi il retournait (de façon intéressante, il est à
noter que les fusées étaient lancées et tombaient dans l’océan,
servant de couverture aux vraies fusées cargos).
Le
programme d’espionnage militaire conduit à l’aide de la NASA dans
les années 60 et 70, surnommé Astrospies, consistant à envoyer dans
l’espace des astronautes espions. Il impliquait l’entraînement en
secret des astronautes espions et le développement d’une station
spatiale destinée à l’espionnage de l’URSS, là encore avec
l’essentiel du personnel civil tenu dans l’ignorance, ce qui se
montait à des milliers de personnes.
Donc
les agences spatiales peuvent conduire de vastes programmes en
laissant l’essentiel de leur personnel dans l’ignorance. Leçons qui
peuvent s’appliquer à quantité d’administrations, surtout celles
qui fonctionnent sur le secret défense et la compartimentalisation.
Ce qui nous mène directement à une deuxième objection, Grimes
suppose erronément que tout le monde a la même tendance à parler,
celle du vulgaire homme de la rue, alors que les personnes
impliquées dans des projets d’État obéissent à une logique de
secret et de classification des informations, et s’y tiennent dans la
quasi-totalité des cas. De nombreux exemples de secrets qui n’ont
pas ou peu filtré peuvent être avancés en démonstration de cette
vérité.