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Analis 30 mai 2016 11:59

Trois objections de taille à l’encontre de cette étude qui commet des erreurs de débutant.

Une qui est largement évoquée ici, mais qui nécessite de nouvelles importantes précisions. L’auteur de l’ « étude » délire totalement sur le nombre de personnes au sein d’une organisation qui nécessiterait de mener certains complots. Même le caricatural exemple d’une falsification des missions lunaires impliquant des milliers d’employés de la NASA, sempiternellement avancé par les anti-conspirationnistes comme l’argument massue devant assumer les complotistes de tout poil, n’est nullement probant. Il est évident que les hypothèses évoquant une mystification des missions Apollo ne supposent pas qu’une majorité, ni même un très grand nombre des employés de la NASA, aient été complices. Laissant de côté le fait que quelques personnes aient bel et bien prétendu avoir été impliquées dans le trucage de photos venant prétendument des missions Apollo, et que le moon hoaxer David Percy ait affirmé de manière répété avoir été informé de l’intérieur par d’anciens employés, deux exemples nous prouvent que des agences spatiales peuvent conduire des manipulations à grande échelle en laissant la plupart de leurs employés hors du coup, même les fournisseurs pouvant être laissés dans l’ignorance du but final de leurs travaux.

Le projet de satellite destiné à la recherche scientifique Discoverer, conduit par une agence civile spécifique (mais les leçons peuvent s’appliquer à la NASA), initié en 1959, en réalité une couverture pour le projet d’espionnage Corona, les charges à but scientifique étant remplacées par des charges à but militaire sans que le personnel civil en soit informé, ni que les fabricants sachent comment étaient utilisés leurs fournitures en raison de la compartimentalisation. Seul un petit nombre de hauts responsables savaient de quoi il retournait (de façon intéressante, il est à noter que les fusées étaient lancées et tombaient dans l’océan, servant de couverture aux vraies fusées cargos).

Le programme d’espionnage militaire conduit à l’aide de la NASA dans les années 60 et 70, surnommé Astrospies, consistant à envoyer dans l’espace des astronautes espions. Il impliquait l’entraînement en secret des astronautes espions et le développement d’une station spatiale destinée à l’espionnage de l’URSS, là encore avec l’essentiel du personnel civil tenu dans l’ignorance, ce qui se montait à des milliers de personnes.

Donc les agences spatiales peuvent conduire de vastes programmes en laissant l’essentiel de leur personnel dans l’ignorance. Leçons qui peuvent s’appliquer à quantité d’administrations, surtout celles qui fonctionnent sur le secret défense et la compartimentalisation. Ce qui nous mène directement à une deuxième objection, Grimes suppose erronément que tout le monde a la même tendance à parler, celle du vulgaire homme de la rue, alors que les personnes impliquées dans des projets d’État obéissent à une logique de secret et de classification des informations, et s’y tiennent dans la quasi-totalité des cas. De nombreux exemples de secrets qui n’ont pas ou peu filtré peuvent être avancés en démonstration de cette vérité.


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