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Alren Alren 23 juillet 2016 12:54

Dès trois ans, dès qu’il sait interpréter les situations, l’enfant possède un sens moral facile à mettre en évidence dans des tests. Ce n’est pas étonnant car certains animaux ont aussi ce sens moral qui doit être essentiel à la survie du groupe.

Quand il fait quelque chose qu’il sait être mal, il trouve normal au fond de lui-même d’être sanctionné. C’est pourquoi il cherchera très vite à cacher son méfait.

Quand il fait quelque chose qu’il sait être bien, il attend une récompense, à tout le moins une approbation. L’adulte doit systématiquement répondre à cette attente de sanction ou d’approbation car il est une balise morale sur laquelle l’enfant se repère.

Bien entendu, l’adulte ne doit jamais faire quelque chose que l’enfant sait être mal, devant lui !

Reste le cas fréquent où le jeune enfant ne sait pas si, en telle ou telle circonstance, telle action, telle parole, tel comportement est bien ou mal.

S’il fait mal dans ce cas, il ne doit pas être sanctionné, même si le résultat est catastrophique. S’il est sincère en disant : « Je ne l’ai pas fait exprès ! », il doit être pardonné et si une explication est nécessaire pour lui dire que ce qu’il a fait est mal, elle doit être donnée tout de suite.

Avec le sens moral, se développe le sentiment de justice-injustice. L’enfant n’est pas seulement acteur moral, il est aussi spectateur. Et le spectacle de l’injustice sera très perturbateur surtout si cette injustice est systématique.

Ce sentiment d’injustice s’éveillera si un autre enfant n’est pas sanctionné pour une faute qui lui vaudrait, à lui, une punition. C’est à l’adulte de bien veiller à un traitement équitable entre les enfants qu’il (elle) contrôle.

La sanction doit être différente selon l’âge : plus l’enfant est jeune, plus elle doit être immédiate. Il est absurde de le condamner à être privé de dessert lors d’un repas qui aura lieu dans trois heures !

Car alors, son sentiment de culpabilité qui, au fond de lui, justifie la punition, se sera dissipé et la punition trop différée sera vécue comme un sorte d’injustice, au moins comme un manque d’affection de la part de l’adulte capable de rester si longtemps inflexible.

Dans ce cas d’enfant très jeune et en l’absence d’une autre possibilité de punition immédiate, quelques tapes sur les fesses (jamais de gifles) peuvent être la seule solution.

Bien entendu avec un enfant plus grand, qui peut comprendre qu’une sanction soit différée, les coups sont à proscrire. Ils sont contre-productifs car si la douleur est vite effacée, le ressentiment, la douleur morale persisteront longtemps dans le souvenir, le plus souvent jusqu’à l’âge adulte, ce qui est disproportionné.

La punition doit consister à lui faire subir un désagrément. Dans certains cas se moquer de lui, le faire huer par les témoins de sa faute, est souvent la plus forte sanction qu’on puisse appliquer (parfois trop forte, il faut être prudent). Autrement, il y a tout le domaine des privations de ce qui lui fait plaisir.

Il faut se garder de crier quand on fait des reproches car c’est vécu comme un sentiment de l’impuissance de l’adulte.

Avec des adolescents de plus de quinze ans, qui ont déjà développé une personnalité marquée, et dont les valeurs morales, au sens kantien du mot, ne sont pas les mêmes que celles des parents, ceux-ci avant de sanctionner, doivent estimer si leur enfant a mal agi selon son système moral à lui et non au leur.

Étant entendu que faire à autrui ce qu’on ne voudrait pas subir d’autrui est forcément mal, même si l’adolescent dit le contraire.


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