Plus sérieusement :
« USA : Racisme, guerre, inégalités... Victoire de la fièvre réactionnaire
Mercredi 9 novembre 2016, 10:03
Trump,
le candidat milliardaire qui se prétend antisystème alors qu’il en est
le pire produit, a au final remporté l’élection présidentielle
américaine. Le magnat de l’immobilier, multimilliardaire, symbole même
de la brutalité du capitalisme, a récolté les fruits pourris du bilan
d’Obama qui a mené avec cynisme une politique soumise aux intérêts de
Wall Street trahissant les espoirs qu’il avait suscités.
Qu’un
tel milliardaire voyou ait réussi à obtenir le soutien d’une partie des
classes populaires parmi les Blancs illustre le discrédit des
Démocrates, le sentiment de trahison qu’ont fait naître la politique
d’Obama et l’arrogance autosatisfaite de Clinton qui était la candidate
préférée de Wall Street.
Trump, le Le Pen américain
Le
démagogue Trump a flatté les vieux démons de la société américaine, le
racisme, le nationalisme, le sexisme, pour dévoyer la colère contre les
pouvoirs en place, la canaliser dans le cadre du système, pour mieux
perpétuer celui-ci et le défendre en désignant des boucs émissaires.
Comme Le Pen ici, il vante le repli national prétendant rapatrier les
emplois de Chine ou d’Amérique latine, comme si les multinationales
allaient se priver de produire à bas coût !
Pendant sa campagne,
il n’a cessé de chercher à diviser les travailleurs, multipliant les
propos insultants contre les Mexicains ou les musulmans, affichant son
mépris des femmes. Il a contribué à raviver le racisme contre les
Afro-Américains que les États-Unis ont hérité de l’esclavage et de la
ségrégation.
Une société et un monde malades du capitalisme
Ces
élections, la déroute des Démocrates, marquent la fin de ce que la
victoire d’Obama, en 2008, avait pu laisser espérer : l’ouverture d’une
nouvelle ère politique qui tournerait la page des années Bush. Huit ans
plus tard, les 1 % les plus riches ont capté 85 % des richesses
supplémentaires du pays. Comme ici, les inégalités se sont creusées au
profit d’une petite minorité. La dite croissance américaine, c’est une
précarisation croissante et un endettement colossal tant des
particuliers, des entreprises que de l’État.
Quant à la politique
étrangère, le prix Nobel de la Paix – ou plutôt des déclarations
d’intention –, loin de rompre avec la politique de Bush, a renforcé le
déploiement militaire américain dans le monde. Ses prétentions à
combattre Daech ne font qu’accroître le chaos dans un Moyen-Orient à feu
et à sang.
Les années Obama ont poursuivi l’offensive libérale et
impérialiste, semant le chaos tant sur le plan social qu’au niveau
international.
Les 1 % contre les 99 %
Les
désillusions, les déceptions, la régression sociale et le désespoir ont
offert un terrain fertile aux idées réactionnaires, à la démagogie dont
Trump, comme ici Sarkozy et Le Pen, s’est fait le sinistre
propagandiste. Il a réussi à capter en sa faveur le rejet de Clinton et
des affairistes de l’establishment de la politique et de la finance.
Trump
va, comme l’aurait fait Clinton, accentuer la politique au service des
grandes multinationales qu’a menée Obama contre le monde du travail et
les peuples. Derrière son discours démagogique, il se pliera aux
volontés de Wall Street, du Pentagone et du FBI pour défendre les
intérêts du grand capital américain.
Oui, il y a bien deux
Amériques. Ce ne sont pas celle de Clinton ou celle de Trump, mais ce
sont celle des riches et des très riches contre celle des travailleurs
et des classes populaires. Cet antagonisme ne cesse de s’approfondir en
même temps que les inégalités de plus en plus criantes, aux USA comme
ici et partout ailleurs. C’est bien la politique des classes
capitalistes qui en est responsable et engendre une décomposition
sociale et politique dans le monde entier.
Trump et les
Républicains aux affaires aggraveront les tensions à tous les niveaux.
La réponse ne peut venir que des luttes et des mobilisations, avec aussi
le renouveau des idées du socialisme qui ont rencontré un large écho
lors des primaires démocrates à travers la campagne de Bernie Sanders
(même si celui-ci s’est finalement rallié à Clinton).
Le
8 novembre, les travailleurs, les classes exploitées, n’étaient pas
représentés, mais aux USA comme ici et au niveau international,
l’avenir est bien entre leurs mains.
Yvan Lemaitre
https://npa2009.org/actualite/international/usa-racisme-guerre-inegalites-victoire-de-la-fievre-reactionnaire