Fillon fait un bon constat, mais il avance les mauvaises solutions.
Les
solutions qu’il avance sont purement et simplement une réaction
économique et financière à une situation comptable. Mais il ne
questionne en rien les règles comptables en vigueur. Bref, il reste dans
le cadre des règles comptables, et il propose un traitement de forme,
et non de fond.
Fillon, s’il est élu, se plantera. Comme les autres.
Tant qu’on ne remettra pas en cause les bases monétaires, notre appartenance à l’UE (et toute la vassalisation qui en découle), tant qu’on ne fera pas un audit de la dette, tant qu’on ne prendra pas pleinement conscience que le travail se raréfie (encore plus avec les systèmes d’information et les robots), que la croissance n’est pas infinie et est nuisible à l’environnement, que nous sommes trop nombreux et que la démographie doit être régulée
(voire limitée), alors on n’arrivera à rien de bon pour le peuple. Ni
même pour les « élites », d’ailleurs, mais leurs soucis viendront dans
un second temps.
Fillon est trop conditionné et formaté, il n’a plus les capacités de
« réfléchir en dehors du cadre » (think outside the box) pour trouver
des solutions qui ont une chance de fonctionner. Ou alors il n’en a
juste pas envie parce que ce n’est pas dans ses intérêts.
NB : ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : ni Juppé, ni la
gauche ne sont franchement mieux. Aucun ne se comporte en homme d’Etat
souverain.
Un petit rappel qui fait toujours du bien :
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— De Gaulle : Le Marché Commun, il n’y a en fait que deux ans
qu’on a commencé à le réaliser. Or notre expansion industrielle remonte
à bien avant deux ans. L’expansion industrielle allemande, italienne,
de même. Ceux qui racontent des histoires sur les bienfaits
incomparables de l’intégration européenne sont des jean-foutre.
— Alain Peyrefitte : Le traité de Rome n’a rien prévu pour qu’un de ses membres le quitte.
— De Gaulle : C’est de la rigolade ! Vous avez déjà vu un
grand pays s’engager à rester couillonné, sous prétexte qu’un traité n’a
rien prévu pour le cas où il serait couillonné ? Non. Quand
on est couillonné, on dit : « Je suis couillonné. Eh bien, voilà, je
fous le camp ! » Ce sont des histoires de juristes et de diplomates,
tout ça.
[Source : Alain Peyrefitte, « C’était De Gaulle », Fayard, tome 2, page 267.]
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Fillon ferait bien de lire attentivement, lentement, et plusieurs
fois le TFUE pour comprendre à quel point nous sommes couillonnés...