Le bilan de Margaret
Thatcher ne peut s’apprécier qu’en fonction des conditions de
l’époque : elle a rendu de la compétitivité à l’industrie
britannique au prix d’une purge saignante et d’une paupérisation
assumée des classes populaires et surtout , en préemptant ce
qui devait progressivement mais plus tardivement devenir la norme
chez ses partenaires commerciaux, elle a toujours eu plusieurs
coups d’avance en matière de compétitivité arrachée à coups de serpe..
C’est vrai qu’elle a rétabli la
balance commerciale et au prix d’ un recul sans précédent des acquis sociaux et d’un
délabrement assumé des infrastructures hospitalières et plus
généralement publiques, elle a même engrangé des excédents en
tondant la laine sur les dos des salariés.
Le Social-démocrate Schroeder n’a pas fait autre chose au début des années 2000 en faisant payer la prospérité de son modèle économique par l’abaissement des normes salariales mais en profitant cyniquement du maintien relatif du pouvoir d’achat de ses partenaires commerciaux friands de « made in germany » dont il est de bon ton aujourd’hui de fustiger l’endettement qui a tant profité à l’Allemagne.
Margaret Thatcher doit au système
britannique uninominal à un tour d’avoir pu, malgré son
impopularité, gouverner la Grande-Bretagne durant 4 longs mandats
en étant toujours minoritaire dans le corps électoral ( un peu comme Trump
élu président avec plus de 2 millions de voix de retard sur Madame
Clinton )
La soupe à la
grimace que prépare Fillon, outre qu’elle va mijoter dans un
environnement où le moins-disant social est devenu à la mode et va donc être confrontée à une surenchère permanente de nos
partenaires commerciaux , risque de ne donner que des fruits fort aigrelets
et sans mesure avec les attentes de ceux qui lui auront donné une
majorité.
En outre elle sera confrontée à une opposition
déterminée dans la rue de ceux qui auront failli dans les urnes.