@tf1Groupie
Non Tf1, voici plutôt ce que pensent les jeunes révolutionnaires (boutonneux ou non) de Castro :
« Point de vue d’un antifa cubain sur la mort de Castro
28 novembre 2016
Un antifasciste cubain, qui a grandi à Cuba avant de venir
vivre en France et que nous connaissons bien, nous a fait parvenir son
point de vue sur la mort de Castro (le texte a d’abord été publié sur le FB de Ras l’Front Le Havre) :
Une
de mes ami-es m’a demandé aujourd’hui d’écrire un court post sur ce que
je pense de Castro et de ce qu’il représentait pour Cuba. Elle en a
marre de voir des messages de personnes pleurant sa mort partout sur FB.
La connaissant, je soupçonne que la plupart de ses ami-es sont de
gauche, tout comme les miens. Et oui, j’ai eu aussi eu ma part de
messages désespérés sur la façon dont Castro était bon pour Cuba et les
Cubains (souvent avec une prose paternaliste).
Ironiquement, tou-tes ces ami-es regrettant la fin de leur idole
auraient probablement fini en prison à Cuba. Un pays où les syndicats
indépendants et les partis politiques sont interdits, où les salaires
sont plus une formalité qu’une réalité, où existent les classes sociales
et dont les différences augmentent chaque jour, où le sexisme est
encouragé avec la musique parrainée par l’État afin de détourner les
jeunes des vrais problèmes, où les Noirs sont plus contrôlés par la
police que les Blancs, où les touristes incapables de trouver un
mari/une femme en Europe achètent eux-mêmes un-e partenaire exotique de
l’autre côté de l’Océan … n’est pas un pays communiste. C’est une forme
très concentrée de capitalisme. Le même apte pour le (et maintenant
offert aux) business US, après tant d’années de sacrifices et
d’anti-impérialistes tombé-es.
Non, la santé publique et l’éducation ne sont pas de bonne qualité.
C’est simplement gratuit. Elles étaient d’une bonne qualité, mais des
années sans payer les professeurs et les médecins, ainsi que l’obsession
de seulement développer le tourisme, ont détruit celles qui étaient
deux des plus grands accomplissements de Cuba. De Cuba, pas de Castro.
En tant qu’ancien gamin asthmatique, je n’oublierai jamais les
infirmières qui s’occupaient de moi dans une petite clinique, au milieu
de la nuit, à La Havane. Elles ne m’ont jamais demandé de l’argent, ni
même mon nom ou mon adresse. Elles m’ont simplement offert leur sourire
bienveillant. Plus tard, en grandissant, j’ai compris les difficultés de
l’âge adulte dans un pays du Tiers Monde. Les résultats en matière de
santé et d’éducation sont donc dus à ces travailleurs-euses
sous-payé-es. Pas à l’Etat. Pas à Castro. »
La révolution cubaine était une révolution populaire. Elle a commencé
comme un renversement réformiste d’un dictateur, avant d’être volé par
une petite élite (nouvellement créée). Elle devint donc Castriste, pas
communiste.
D’autre part, anticipant déjà ceux-celles qui me diront que Cuba
deviendra désormais libre et prospère … Je leur rappellerai les
innombrables décès précoces d’enfants à travers le monde en raison de la
faim (selon le Programme alimentaire des Nations Unies, l’Humanité tout
entière peut être nourrie) et de maladies guérissables. Et ce même dans
les pays « libres ». Je leur répéterai aussi que la démocratie ne
consiste pas uniquement à exprimer ouvertement ses opinions (sans que le
pouvoir en ait que faire), c’est prendre en charge sa vie et cela
implique des programmes de Sécurité Sociale, des systèmes publics de
santé et d’éducation décents. Les mêmes choses que la droite /la gauche
« modérée » attaquent année après année, réforme après réforme.
C’est-à-dire les mêmes qui demandent aujourd’hui à Cuba d’être libre…
tout comme Haïti et sa population appauvrie, je suppose.
La liberté, l’égalité … restent les objectifs de l’Humanité. Elles
n’existaient pas à Cuba tout comme elles n’existent pas en France, aux
États-Unis, en Espagne ou n’importe quel autre endroit dans le monde.
Ces objectifs sont encore accessibles, mais nous n’avons pas besoin de
dirigeants pour les obtenir, peu importe leur « grandeur ». Il n’y a pas
de surhomme. Nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes. »