Prière de prendre en compte
tout mon commentaire avant de réagir de façon pavlovienne :
Comme beaucoup, je me
suis insurgé contre la propagande éhontée des médias occidentaux sur la chute
d’Alep et le discours manichéen sur les atrocités de l’armée Russe et Syrienne.
La bataille d’Alep
était systématiquement présentée sous l’angle des victimes civiles que
provoquent les bombardements russes et syriens. La bataille de Mossoul,
lorsqu’elle est mentionnée, est systématiquement présentée comme une libération
des habitants de la ville par les armées américaine et irakienne. « Massacre »
dans un cas, « libération » dans un autre.
N’importe quel témoignage impliquant le
gouvernement syrien ou l’armée russe dans les atrocités commises à Alep est fidèlement retranscrit ; en revanche, les médias ignorent ceux
qui mettent en cause l’armée irakienne appuyée par les Etats-Unis à Mossoul ;
le 14 décembre, ce sont 40 civils qui ont été tués par celle-ci selon le
journal pan-arabe Al-Araby. Ces victimes n’ont pas intéressé la presse
française, complètement muette à ce sujet.
La destruction des hôpitaux d’Alep « par les
armées de Bachar al-Assad et de Poutine » a été extrêmement médiatisée par
la presse française ; les journalistes se sont longuement épanchés sur les
victimes civiles causées par ces destructions. Le 7 décembre dernier, l’armée
américaine a bombardé et détruit un hôpital à Mossoul ; à la quasi-unanimité,
la presse française n’a pas mentionné ces bombardements. Lorsqu’elle est sortie
de ce silence, c’est pour commenter cette destruction d’un strict point de vue
militaire ; la question de savoir quelles étaient les victimes civiles de ces
bombardements n’a visiblement intéressé personne.
Les médias ne font pas
de l’information mais de la propagande et c’est particulièrement vrai en temps
de guerre. Les faits sont soigneusement filtrés par le système médiatique, le
contexte est simplifié à l’extrême, les crimes des ennemis sont exposés par le
menu tandis que ceux des alliés sont blanchis. La guerre de l’information est
en réalité une guerre qui se fait par la censure, la diabolisation, la diversion.
La propagande est la continuation de la guerre par d’autres moyens comme
nous le montrent les exemples de la Roumanie de 1989 et ses charniers
mis en scène par l’opposition à Ceausescu, la guerre du Golfe et ses
exactions irakiennes inventées par les Koweïtiens, et l’ex-Yougoslavie avec les
camps d’extermination serbes racontés par les cabinets de conseil américains
etc.
Pourquoi tant de
journalistes ont-ils succombé à la propagande ? C’est une grande question qui nécessite
une analyse approfondie du microcosme médiatique tant sur le plan sociologique
que psychologique et idéologique. Mais l’auteur de l’article donne déjà deux
pistes à ce déni de réalité à l’origine de cette propagande humanitaire à
deux vitesses qui fait le tri entre les bonnes et les mauvaises victimes selon
ses propres termes : posture
morale et déficit d’analyse
politique. A creuser.