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maQiavel maQiavel 29 décembre 2016 17:04

Prière de prendre en compte tout mon commentaire avant de réagir de façon pavlovienne :

Comme beaucoup, je me suis insurgé contre la propagande éhontée des médias occidentaux sur la chute d’Alep et le discours manichéen sur les atrocités de l’armée Russe et Syrienne.

La bataille d’Alep était systématiquement présentée sous l’angle des victimes civiles que provoquent les bombardements russes et syriens. La bataille de Mossoul, lorsqu’elle est mentionnée, est systématiquement présentée comme une libération des habitants de la ville par les armées américaine et irakienne. « Massacre » dans un cas, « libération » dans un autre. 
N’importe quel témoignage impliquant le gouvernement syrien ou l’armée russe dans les atrocités commises à Alep est fidèlement retranscrit ; en revanche, les médias ignorent ceux qui mettent en cause l’armée irakienne appuyée par les Etats-Unis à Mossoul ; le 14 décembre, ce sont 40 civils qui ont été tués par celle-ci selon le journal pan-arabe Al-Araby. Ces victimes n’ont pas intéressé la presse française, complètement muette à ce sujet.
La destruction des hôpitaux d’Alep « par les armées de Bachar al-Assad et de Poutine » a été extrêmement médiatisée par la presse française ; les journalistes se sont longuement épanchés sur les victimes civiles causées par ces destructions. Le 7 décembre dernier, l’armée américaine a bombardé et détruit un hôpital à Mossoul ; à la quasi-unanimité, la presse française n’a pas mentionné ces bombardements. Lorsqu’elle est sortie de ce silence, c’est pour commenter cette destruction d’un strict point de vue militaire ; la question de savoir quelles étaient les victimes civiles de ces bombardements n’a visiblement intéressé personne.

Les médias ne font pas de l’information mais de la propagande et c’est particulièrement vrai en temps de guerre. Les faits sont soigneusement filtrés par le système médiatique, le contexte est simplifié à l’extrême, les crimes des ennemis sont exposés par le menu tandis que ceux des alliés sont blanchis. La guerre de l’information est en réalité une guerre qui se fait par la censure, la diabolisation, la diversion. La propagande est la continuation de la guerre par d’autres moyens comme nous le montrent les exemples de la Roumanie de 1989 et ses charniers mis en scène par l’opposition à Ceausescu, la guerre du Golfe et ses exactions irakiennes inventées par les Koweïtiens, et l’ex-Yougoslavie avec les camps d’extermination serbes racontés par les cabinets de conseil américains etc.

Pourquoi tant de journalistes ont-ils succombé à la propagande ? C’est une grande question qui nécessite une analyse approfondie du microcosme médiatique tant sur le plan sociologique que psychologique et idéologique. Mais l’auteur de l’article donne déjà deux pistes à ce déni de réalité à l’origine de cette propagande humanitaire à deux vitesses qui fait le tri entre les bonnes et les mauvaises victimes selon ses propres termes : posture morale et déficit d’analyse politique. A creuser. 


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