@Christian Labrune
Le général de Gaulle est décédé en 1970. Achever Clausewitz sortait 37 ans plus
tard. Je pense (Vous pensez sans doute le contraire) que si de Gaulle avait
rencontré des gens comme René Girard et Jean-Pierre Dupuy sa réflexion aurait
pu le conduire au renoncement unilatéral à l’armement nucléaire.
Avant Hiroshima, tout était relativement
simple : il y avait ces « lâches » de pacifistes ou d’antimilitaristes
et les autres, les bons patriotes droits dans leurs bottes. Mais, en 2017, on
peut être contre l’usage des armes nucléaires tout en n’étant ni pacifiste ni
antimilitariste. Tout cela parce que le problème s’est complexifié :
1
Les guerres, surtout nucléaires, font plus de victimes civiles que
militaires.
2
La « montée aux extrêmes » (expression de Clausewitz ) oblige à
tous les recours possibles car une guerre est faire pour être gagnée à tout
prix (Ref. Alep...). Il en résulte que l’existence même de nucléaire implique l’existence
(cachée, si nécessaire) de chimique , de bactériologique, de numérique, de
médiatique, de génétique, de sismique et tutti quanti. La probabilité d’un
conflit augmente avec la variété et la quantité des armes disponibles. Comme au
casino, de multiples tentations
stratégiques annihilent l’ennui de la dissuasion.
Dans ces conditions, l’arme ultime pour empêcher la destruction inévitable
de l’espèce humaine - inévitable dans un schéma classique - reste la tentative
humaniste de renoncement. Le bellicisme ne peut plus être le mode d’emploi :
il faut trouver autre chose sauf, évidemment et pourquoi pas, si on accepte le
prendre le risque de destruction mentionné ci-dessus.