Pauvre Macron qui,
en un moment apparemment inopportun et en un lieu qui l’était tout
autant, a donné son sentiment sur le fait colonial que d’aucuns
voient toujours comme dans les vieux livres d’histoire où se
bâtissait le roman national.
Que ce roman ( qui porte bien son nom ) fut nécessaire à
l’époque pour bâtir une nation unie en réunissant les ethnies de
son sol n’est sans doute pas douteux.
La nation se fonde
aussi sur une mystique et la mystique charrie des mythes mais
aujourd’hui qu’il existe une nation française plus ou moins
homogène, on peut décrypter l’histoire d’une manière un peu
plus conforme à la réalité du moment.
Que la France n’ait
pas fait pire que d’autres ne vaut pas absolution et déni des
faits, ceux qui sont encore occultés aujourd’hui.
Dire que Voltaire
eut des intérêts dans le commerce des esclaves n’enlève rien à
son talent littéraire mais permet de relativiser certains de ses
écrits polémiques.
Ce que Macron a dit
n’est pas faux en soi mais maladroit dans un contexte où il permet
à la Droite de faire oublier que son champion, le si vertueux
Fillon, a été pris la main dans le pot de confiture. Ce dernier
s’imagine bien maintenant continuer à nous donner ses leçons de
morale civique quand bien même il serait mis en examen.
Chacun
y va maintenant de son petit couplet : la « France, mère
des arts, des armes et des lois ! » est au-dessus de tout
soupçon, surtout celui de vénalité....
Jules Ferry, l’homme
de l’expansion coloniale, qui fut présentée à ceux qui en
doutaient comme une mission civilisatrice mais permit surtout la
spoliation des richesses qui ne nous appartenaient pas, est présenté
comme un homme de Gauche sans doute parce qu’il était républicain
dans un environnement vaguement monarchiste ou bonapartiste.
Il se trouve
aujourd’hui des historiens – un peu plus libres que ceux du passé
qui furent commis pour écrire et étoffer avec des légendes
une histoire héroïque – qui éclairent le fait colonial par la
cupidité des uns associée souvent au prosélytisme des propagateurs de la
foi catholique, ceux-là n’ont pas tout faux non plus même s’ils oublient par confort idéologique d’autres aspects : il y a aussi des gens qui ont cru à leur mission « civilisatrice ».
Comme en toute
chose, même la pire, il y a du bien, on trouvera donc facilement des
aspects positifs à la colonisation.
Macron l’a dit
aussi : les Droits de l’homme même s’ils ne furent que très
chichement appliqués aux indigènes ont néanmoins servi de ferment
aux mouvements de libération.
On peut et même on
devrait le critiquer sur son programme qu’il n’a pas besoin de
définir, tout qui réfléchit un tantinet le connaît bien, il a
connu un début d’application sous Hollande avec les brillants
résultats que l’on sait mais qu’on lui lâche la grappe sur des
propos qui n’engage personne même pas lui...
Le vivre ensemble n’implique pas que la vérité soit chassée sous le tapis ou que les vérités soient sélectives...