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yvesduc 24 février 2007 16:49

« presque d’accords et pourtant totalement opposés »

D’accord. smiley

« nous extasier devant les faibles contrepoids institutionnels »

Je ne crois pas qu’il faille tout attendre des institutions (ou des médias). L’érosion démocratique constitue à mes yeux une autre donnée du problème. Cette érosion a plusieurs causes, l’illusion de la sécurité et la complexité croissante du monde qui rend de plus en plus difficile sa compréhension par l’homme de la rue.

« On ne mesure pas le caractère démocratique d’un Etat à l’existence [d’] une « dissidence » »

D’accord avec votre objection. Tout ne marche pas si bien que ça aux Etats-Unis ! Je forçais le trait pour faire passer l’idée.

« vous faites de votre conclusion des prémices »

Tout dépend de votre angle d’approche. Je me suis rendu à une conférence donnée par un membre du Conseil Scientifique d’ATTAC et spécialiste des rapports entre guerre et mondialisation. Je l’ai interrogé sur la théorie du complot du 11 septembre et sa réponse a été, en substance : « pourquoi évoquer les services secrets ? Les explications structurelles existantes sont suffisantes pour comprendre l’intervention des États-Unis en Irak. » Son hypothèse, qui est celle généralement acceptée, est que les attentats du 11 septembre ont constitué une opportunité pour les États-Unis. Les États-Unis ont été attaqués et par conséquent ont « le droit » d’attaquer à leur tour, et le fait qu’ils n’attaquent pas les bons agresseurs (aucun commencement d’ombre de preuve à ce jour contre les Talibans ou l’Irak) ne semble pas déranger exagérément une partie de l’opinion publique qui préfère se laisser bercer par les mensonges qui disent le contraire. Bref, selon la théorie de l’opportunité, les États-Unis sont une grande puissance qui se porte bien et qui a profité de l’occasion créée par le 11 septembre pour mettre la main sur le pétrole Irakien et le pipeline Afghan. Le pétrole et l’armement sont des marchés juteux que l’on préfère voir profiter à son propre pays plutôt qu’aux autres. Bien entendu, l’hypothèse du complot renverse la donne : le caractère intentionnel des événements entraîne leur nécessité structurelle. Les États-Unis sont un empire qui commence à envisager sa propre fin. Découvrant que la fin du pétrole est plus proche que prévu, en raison notamment du réveil Chinois et Indien qui bouleverse les prévisions, les gouvernants sont poussés à l’action - on pourrait dire à la fuite en avant - ainsi que par le fait que l’économie a un besoin perpétuel de croissance. Voilà l’explication qu’ATTAC n’a pas été capable de produire. Le caractère intentionnel (et non accidentel) du 11 septembre rend caduques les vieilles analyses, même si le fait pour les gouvernants d’avoir choisi la fuite en avant, plutôt qu’un investissement dans les énergies renouvelables par exemple, peut trouver ses racines dans un système, un état du système et des valeurs historiquement différents de ceux de l’Europe.


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