Lire Nietzshe, c’est un régal pour l’esprit, et vous avez raison de souligner à quel point ces mots sont juste, et son esthétique est irréprochable. Ce passage sur Epicure m’avait marqué :
« Épicure. - Oui, je suis fier de voir le caractère d’Epicure d’une façon peut-être différente de celle de tout le monde, et de jouir de l’Antiquité, comme d’un bonheur vespéral, chaque fois que je lis ou entends quelque chose de lui ; - je vois son oeil errer sur de vastes mers blanchâtres, sur des falaises où repose le soleil, tandis que de grands et de petits animaux s’ébattent sous ses rayons, sûrs et tranquilles comme cette clarté et ces yeux mêmes. Un pareil bonheur n’a pu être inventé que par quelqu’un qui souffrait sans cesse, c’est le bonheur d’un oeil qui a vu s’apaiser sous son regard la mer de l’existence, et qui maintenant ne peut pas se lasser de regarder la surface de cette mer, son épiderme multicolore, tendre et frissonnant : il n’y eut jamais auparavant pareille modestie de la volupté. »
C’est un régal de le lire, et j’ai lu avec beaucoup de plaisir son Ecce Homo.
Ces descriptions des bigots de sont temps sont plus que savoureuses, avec leur petite morale étriquée, il faudrait en reproduire une page ici.
Bien cordialement
Bill