Lorsque 55 % de Français défendent une position fondamentale sur l’Europe (sujet majeur s’il en est), il serait normal qu’ils puissent prétendre élire un président qui porte leur option politique. Alors, en effet, oui, comme vous le dites, il y a des tas de candidats qui sont des tenants du « non », mais aucun n’a une chance de gagner, sauf, peut-être, Le Pen, qui reste un candidat un peu particulier. Je considère qu’avoir à choisir entre des gens qui n’ont rigoureusement aucune chance d’être élus est un faux choix.
Il n’y a aucun dilemme pour les tenants du « oui », qui sont assurés (ou presque) de prendre leur revanche en 2007. Cette contradiction entre la tendance majoritaire des Français en 2005 (pour le « non ») et le choix réaliste qui leur est proposé en 2007 (entre des tenants du « oui ») ne gênera en effet que les « nonistes » qui aimeraient se comporter rationnellement dans leur vote... avec le légitime espoir de remporter les élections et de ne pas faire que de la figuration.