Du côté du centre Pompidou, il y a des SDF qui, pour gagner quelques sous, munis de deux bâtons réunis par une ficelle et d’un seau d’eau savonneuse, passent leur temps à faire des bulles de savon énormes, sans commune mesure avec celles que je m’amusais à produire quand j’avais cinq ou six ans. C’est aussi stupéfiant que l’irrésistible ascension de notre nouveau président de la République. Quand il y a un peu de vent, ces bulles peuvent monter relativement haut. Il reste qu’elles ne durent quand même jamais bien longtemps.
Hier soir, en écoutant le résultat des élections, je pensais à cette autre bulle fort transitoire que fut le général Boulanger.
Le peuple français, semble-t-il, n’est toujours pas sorti de l’enfance. Ou bien c’est qu’il y retourne, et on appelle ça le gâtisme.