Depuis des années et même des décennies, les archéologues et historiens insistent sur le fait que la Gaule étaient divisée en cités rivales. Paradoxalement, ils ont tendance à présenter ces cités comme des ensembles homogènes et harmonieux au point que le mot « peuple » (arverne, éduen, biturige) est fréquemment employé. Parler de peuple auvergnat, bourguignon ou berrichon n’ayant déjà aucun sens au Moyen-âge, il en avait encore moins à l’époque gauloise. Ces cités n’étaient que des échelons d’une pyramide féodale dont la Gaule et son assemblée constituait le sommet. Au sein de ces cités, on peut deviner que la concurrence faisait rage et qu’il était vital pour les clans aristocratiques de choisir avec soin l’emplacement de leurs villes et forteresses.
Non seulement le choix d’un lieu comme le Mont-Beuvray paraît aberrant, mais cette idée est renforcée par la faible durée d’occupation du site. Alors que les autres peuples construisaient leurs villes (Besançon, Bourges, Orléans) en des endroits adéquats et toujours occupés de nos jours ; les Eduens, pourtant au sommet de la pyramide féodale gauloise, auraient été plus bêtes que les autres et auraient eu besoin des Romains pour leur montrer que le site d’Autun était mieux adapté. Alors même que Chalon et Mâcon existaient déjà... tout cela ne tient pas debout.
A l’extrême rigueur, on pourrait situer Bibracte au Mont-Beuvray à condition de n’y voir qu’une capitale politico-religieuse et non une ville commerçante ni même une citadelle. Mais cela me semble extrêmement douteux car on se trouve très éloigné de la Sâone et pas du tout au centre de gravité de la région. Le Mont-Saint-Vincent, bien mieux situé, présente un sommet relativement large ; il peut donc avoir accueilli un amphithéâtre sénatorial sans problème. Au Crest / Gergovie, l’éperon étroit a obligé les Arvernes à aller construire leur lieu d’assemblée un peu plus loin sur le plateau de Corent. A Alésia, on trouve une situation intermédiaire : la citadelle et la petite ville se trouvent toutes les deux sur le Mont-Auxois mais séparées de quelques hectomètres pour des raisons défensives.