Ce genre de sondage a ses limites, mais il est intéressant à voir quand même car il tient compte de l’évolution politique des candidats et des partis sur les 6 derniers mois.
Bon on les évacuent en premier. Cheminade, Arthaud, Poutou, Lassale et Asselineau ont fait des scores minuscules et ils ont disparu des radars. Même de Youtube, on peut les ignorer.
Dupont-Aignant : son ralliement au panache blanc de Marine Le Pen lui a tout couté ou presque. Il a sauvé son siège de député mais son mouvement est en miettes avec le départ massif de cadres et des changements de positionnement permanents qu’il a essayé de justifier. En recul.
Hamon : le candidat des Ve... Heu PS pardon. il a lancé son mouvement hors PS à la façon de Macron mais sans originalité par rapport au président actuel. En plus, avec un nom pourri. Il a perdu ses derniers soutiens au PS et les Verts peinent à combler les trous. Pas étonnant de voir qu’il reste au niveau de mai.
Mélenchon : en légère baisse. Pratiquement troisième, il colle à la 4è place maintenant. Beaucoup de ses partisans n’ont pas apprécié la tiédeur avec laquelle il a voulu ménager la chèvre et le chou en voulant faire du billard à dix bandes pour dire qu’il appelle à voter Macron sans le dire. Depuis, il a été élu député mais il a échoué à faire entrer une vague rouge à l’assemblée. Il se fait voir sur le plan médiatique avec des coups bien préparés mais sans profondeur. Dès le lendemain, les médias parlent d’autre chose et alors qu’il s’est pointé sans cravate le premier jour, le voici tiré à 4 épingles désormais comme un député LR classique. Et ce n’est pas sa virée au Aldi du coin qui a changé quoi que ce soit. Mélenchon apparaît de plus en plus comme un politique du passé, incapable de renouveler ses combats et ses stratégies. Son virage souverainiste annonce un futur à la Chevènement. Une dérive vers l’extrême droite comme ce dernier est envisageable à l’avenir.
Fillon : en chute. Fillon paye cash la note de sa campagne et des scandales qui y sont rattachés. Il paye aussi l’échec des LR à prendre l’assemblée. Le parti est divisé et mûr pour atterrir dans la besace de Wauquiez, ce qui devrait conduire à son explosion en super-nova. Contrairement à ce qu’il prédisait, ses affaires n’ont pas fait pschitt, au contraire, elles se poursuivent. il s’est retiré de la vie politique mais de toutes façon avec les casseroles qu’il a au cul il peut devenir quinquallier maintenant. Sa carrière est terminée, les prochaines fois qu’on en entendra parler, ce sera dans les chroniques judiciaires.
Marine le Pen : stable. Elle a tout raté et perdu. Le débat, ou elle a montré son incompétence. Les législatives ensuite. De 80 les espoirs d’élus sont tombés à 10. Elle a obtenu un siège mais pas de groupe parlementaire et elle n’a pas réussi à prendre la place symbolique d’opposante numéro 1 au gouvernement. Sur le plan intérieur ce n’est pas mieux. Le divorce est consommé avec Phillipot, montrant sa grande versatilité en ce qui concerne l’ Europe et l’Euro. De plus, sa nièce a pris du recul. C’est loin d’être une bonne nouvelle car elle se refait une virginité et elle reviendra dans les prochains mois ou années reposée et affutée. Marine le Pen a consolidé sa base avec l’éviction de Phillipot, mais elle a définitivement perdu tout espoir de l’élargir. Seule bonne nouvelle pour elle : elle sera la seule à concourir pour le poste de présidente du FN l’an prochain. Et donc sûre d’être élue. Mais les menaces les plus graves pèsent sur elle encore : les financements occultes et les fraudes massives constatées sont toujours sous l’oeil de la justice et il n’est pas certain dès lors de la voir concourir pour 2022.
Macron : en forte hausse. C’est le paradoxe du sondage. Dans l’opinion sa position est fragile, mais il progresse de 4 points au premier tour virtuel. Il a pour lui sa fougue, un certain isolement médiatique qui fait qu’on ne le voit pas intervenir sur tout et n’importe quoi. Surtout, depuis 6 mois, il a mis en marche une série de réformes profondes et il compte continuer sur ce chemin. Les électeurs sont séduits par un président qui ne s’immobilise pas et le lui rendent bien.
Mais les résultats seront les juges finaux. Il n’a pas fait l’erreur de Hollande de tout miser sur le chômage mais la courbe sera scrutée quand même. Il peut bénéficier d’une certaine indulgence s’il ne s’arrête pas de marcher sur la route des réformes. Il a un fort capital de sympathie car il s’attaque aux vieilles centrales et à une système sclérosé depuis des décennies, faisant ainsi ce pour quoi il avait fait campagne et tranchant fortement avec ses prédécesseurs.
Il reste à espérer que les circonstances resteront favorables pour lui permettre de poursuivre son chemin sans devoir faire un virage comme a dû le faire Hollande avant lui, forcé de prendre en compte la réalité du terrain.