A l’attention de Pierre R (Montréal) :
Bonjour.
Vos deux exemples sur les limites du droit d’expression abondent totalement dans le sens de ma question ouverte : Est ce que le fait de ne pas éprouver d’émotion quant à l’art pictural, qui est aussi une forme d’expression, m’autorise à demander l’interdiction de cette pratique ?
D’autre part, les auteurs deux interventions que vous citez défendent une position à tendance religieuse... En inversant le problème, étant moi même agnostique, je pourrais fort bien me sentir « agressé » par l’affichage de signes religieux que je considérerais tels ostentatoires et demander la limitation ou le retrait de cette forme d’expression... Or, ne faut il pas faire preuve d’un peu de tolérance ?
Et quand bien même il me deviendrait insupportable d’être exposé à ces signes expressifs, je ne demanderais pas à un censeur d’intervenir pour les interdire sur ma simple demande très minoritaire... Je crois fortement en la démocratie et j’accepte volontiers une gène elle même acceptée par une opinion majoritaire de mes pairs... A condition que cette majorité soit réelle et non issue de panels potentiellements dictés par tel ou tel lobbie ou corporatisme ou ordre sectaire...
Voilà pourquoi je me pose la question de la légitimité d’un modérateur, préférant vouer confiance à l’intelligence collective exprimée par suffrage au sujet de n’importe quel thème abordé sans aucune restriction...
Je ne sais si j’exprime correctement le fond de ma pensée mais, finalement, si un propos diffusé sur AgoraVox me heurte, je dois avoir le choix de me rallier à une majorité de votes pour le faire supprimer et non pas le voir disparaître ou non diffusé sous l’autorité de modérateurs dont on ne connaît la rélle impartialité... Mais je dois aussi accepter l’opinion d’une majorité qui le cautionnerait...
Et je vais aller plus loin, en faisant le constat que si un jour une opinion sur la « banalisation » des massacres ethniques et religieux au Darfour devait obtenir un suffrage supérieur à 50 %, on saurait au moins à quoi s’en tenir sur la réalité de la majorité des votants et « tant pis pour les minorités que celà dérange »...
Pour terminer, si les deux exemples que vous citez avaient fait l’objet d’une « parution officielle » sur AgoraVox, soumise à débats et au vote, j’aurais été curieux de connaìtre le résultat du scrutin... Car ce n’est pas parcequ’on s’appelle « M. Ömer Farouk HARMAN, conseiller religieux à l’ambassade de Turquie à Paris » ou « M. David MESSAS, Grand Rabbin de Paris » ou « Nicolas Sarkozy » ou « Ségolène Royal » que leurs opinions puisse faire office de vérité première si elle entre en conflit avec une opinion majoritaire inverse...
Voilà, avec mes excuses d’avoir été si long mais le problème reste bien plus vaste qu’il n’y paraît tant que les vraies règles de la démocratie ne seront pas appliquées pour arbitrer autant d’opinions que la terre ne porte d’humains... Merci de votre attention, avec mes salutations les plus cordiales.