Et la traduction....
Attends
moi
Si
tu m’attends, je reviendrai.
Mais
attends moi très fort, très fort,
Attends,
quand la pluie jaune
Apporte
la tristesse,
Attends
quand la neige tournoie,
Attends
quand triomphe l’été,
Attends
quand le passé s’oublie
Et
qu’on n’attend plus les autres.
Attends
quand des pays lointains
Il
ne viendra plus de courrier,
Attends,
lorsque seront lassés
Ceux
qui avec toi attendaient.
Si
tu m’attends, je reviendrai.
Ne
leur pardonne pas, à ceux
Qui
vont trouver les mots pour dire
Qu’est
venu le temps de l’oubli.
Et
s’ils croient, mon fils et ma mère,
S’ils
croient que je ne suis plus,
Si
les amis, las de m’attendre,
Viennent
s’asseoir auprès du feu,
Et
s’ils portent un toast funèbre
A
la mémoire de mon âme…
Attends.
Attends et avec eux
Refuse
de lever ton verre.
Si
tu m’attends, je reviendrai
En
dépit de toutes les morts.
Et
qui ne m’a pas attendu
Peut
bien dire : « c’est de la veine ».
Ceux
qui ne m’ont pas attendu,
D’où
le comprendraient-ils, comment,
En
plein milieu du feu,
Ton
attente
M’a
sauvé.
Comment
j’ai survécu, seuls toi et moi
Nous
le saurons, -
C’est
bien simple, tu auras su m’attendre
Comme
personne.
Constantin Simonov (1941)