Je copie-colle la réponse d’Henri Sterdiniak, économiste à l’OFCE, contre cet argument souvent évoqué mais trop simple (parue dans la tribune) :
« Il est faux de croire que la TVA sociale permettrait de faire payer notre protection sociale par les travailleurs étrangers, en taxant des produits importés. Augmenter la TVA de 5 points en réduisant d’autant les cotisations sociales employeurs induirait certes des gains de compétitivité pour les entreprises françaises mais pousserait à la hausse les prix des biens consommés importés. Dès lors, face à cette reprise de l’inflation, soit on maintiendra l’indexation des salaires, ce qui déclenchera une spirale d’inflation domestique, jusqu’à ce que les gains de compétitivité initiaux soient perdus. Soit on bloquera les salaires, les pensions et les prestations sociales, et les gains de compétitivité seront payés par les salariés et les retraités. Gare aux illusions : ce sont bien les salariés de chaque pays qui doivent financer la protection sociale. »
Bref : ce ne sont pas les produits qui paient la TVA mais les acheteurs... Le seul moyen de renforcer notre compétitivité par une baisse du coût du travail est de gager une réduction des cotisations patronales sur une réduction réelle des dépenses sociales, sans hausse d’un autre impôt. D’où nécessité d’une réforme de fond du système