Daniel Riot est un peu au journalisme politique ce que Paris Match est au grand reportage : de l’enflure, de la niaiserie, du lieu commun, de la complaisance et, par- dessus tout, un esprit de sérieux assommant. A le lire, c’est toujours l’impression, au choix, d’une bouffée des Actualités Pathé, d’une chronique de l’indesherbable Alain Duhamel ou d’une homélie de Monseigneur Poupard. Il n’y a pas si longtemps c’était un hymne à Jacques Chirac, grand dévoreur de tête de veau ravigotte devant l’Eternel et pourquoi il lui sera beaucoup pardonné. On a eu une oraison de Jean-François Deniau et de Pierre Pflimlin sur le mode gratiné du « ces grands destins ». Maintenant on nous tartine une apologie de François Bayrou, l’homme au tracteur, au penser juste et au parler vrai, qui va métamorphoser la France, on va voir ce qu’on va voir, suivez ma magistrale analyse politique. On va finir par se prendre en pleine face un papier lyrique sur le charisme et la lucidité d’Edouard Daladier, le destin politique contrarié (mais admirâââble, s’il vous-plaît) de Robert Fabre ou le courage dans l’adversité de Jean-Louis Debré, prince en exil et grognard méritant de l’Empire.
Ce qui fascine ce pauvre Daniel Riot, c’est d’écrire sur les hommes politiques et si possible les fadaises les mieux senties. Pas un poil de distanciation, pas une once d’esprit critique, pas un gramme de légéreté. Les vieux chevaux de retour de la politique à papa ont encore de beaux jours devant eux.