« En conclusion, on pourra résumer la vision de la France proposée par Madame Royal. Sur le fond, une parenté évidente avec le candidat UMP sur l’effort, le travail et la récompense qui va avec. La différence, c’est la mainmise de l’Etat sur toutes les activités, avec une foi indécrottable dans le bon sens de l’administration et de l’inspection. »
Votre conclusion est sans rapport avec ce qu’elle dit et du reste contradictoire avec son propos : Comme le dit J. Delors le « propre » de SR est d’insister sur la relation entre droit et devoir (donnant/donnant) et sur la responsabilité de chacun face à la construction de son avenir, mais en cela elle reste de gauche dès lors que la sécurité professionnelle par exemple qu’elle propose est le condition du développement des capabilités de chacun dans un cadre social qui intègre le travail comme condition nécessaire. Tout ce quelle a dit sur les petites retraites, en particulier à propos de la condition scandaleuse des femmes, et la situation tout aussi scandaleuse des salariés qui sont virés sans avoir un seul mot à dire sur la marche des entreprises est juste et revendiquer la justice pour ceux d’en bas qui sont dépossédés de la maîtrise de leur existence est ce qu’elle appelle ordre juste. Tout ce qu’elle dit sur l’éducation (et il n’ y pas d’éducation sans autorité et sanction justes) et sur la nécessité pour la puissance publique de garantir des conditions de vie dignes, contre le cynisme de l’hypercapitalisme despotique, pour que chacun puisse s’affranchir des déterminismes négatifs qui lui fait éprouver l’humiliation permanente de l’impuissance sur sa vie qui ne peut conduire qu’à la dépression auto-destructrice et/ou hyper-violente est juste.
Or c’est le rôle de la politique de réhabiliter l’exigence de justice qui est au coeur de son projet ; c’est l’injustice qui pousse au désespoir, au refus de la démocratie, voire au mépris de la règle. La politique pour SR ne se limite pas à l’action de l’état mais passe tout autant , sinon plus, par l’initiative des associations qu’encourage SR. Mais la transgression de la règle, en dernier ressort exige l’action de la puissance publique.
Votre propos est biaisé, car vous ne faites plus confiance à la politique pour rétablir la justice bafouée et lutter contre les injustices qu’elle a justement et sans concession dénoncées. Votre défiance de l’état, en partie justifié par la difficulté d’assurer sa mission de justice dans un monde profondément injuste, vous conduit à refuser l’ambition de justice elle même et donc la politique dans son ensemble. Vous jetez le bébé avec l’eau du bain.
IL ne vous reste plus que l’anarchisme de droite et que l’errance intellectuelle, qui, avec quelques efforts, peuvent vous conduire à la littérature de vitupération perverse -en cela qu’elle ajoute l’injustice à l’injustice- en ce qu’elle peut avoir de meilleur (cas de Céline).