Évidemment vous
êtes ci-dessus la cible des réacs de tous poils qui, vous le
remarquerez, ne propose aucune solution et pour cause, le problème
est trop complexe pour eux !
Je partage votre
point de vue que la médiocre qualité de l’enseignement dans les
établissements défavorisés, médiocrité qui n’est pas
essentiellement due aux enseignants qui sont trop souvent
inexpérimentés, mais également aux classes à effectifs trop
nombreux et manquant de moyens,
sert les intérêts
des privilégiés de la fortune et de la culture en limitant la
concurrence venue des classes populaires.
C’est aussi stupide
à long terme que l’attitude des adversaires de l’école Jules Ferry.
car l’évolution de la société aura pour effet de diminuer les
emplois peu qualifiés pour créer toujours plus d’emploi très
qualifiés et que le manque de personnel pourrait amener les
compétents à demander un plus haut salaire, ayant le choix entre
plusieurs entreprises.
L’animal humain a
beau être fondamentalement sociable, les classes de trente élèves
ne conviennent pas en renforçant un climat d’anonymat : l’élève,
comme tout être humain, a besoin de sentir une relation
individualisée avec l’enseignant comme avec toute personne qu’il
fréquente régulièrement.
Trente élèves ou
plus par classe c’est trop pour cela d’autant plus que l’enseignant
manque de charisme et de générosité. Les enseignants chahutés
sont les plus froides ou les plus introverties.
Cette introversion,
forme aussi de timidité, est le plus souvent le fait de femmes que
d’hommes. De ce point de vue la féminisation excessive de
l’enseignement dû au fait de salaires insuffisants au regard de la
difficulté du métier est une mauvaise chose.
Ce besoin d’une
relation particulière avec l’enseignant se manifeste aussi avec des
étudiants d’université ! Les grands amphis sont responsables en
partie de l’abandon des études de nombreux étudiants en première
année dont le surmoi est faible.
Heureusement, il y a
les travaux pratiques et les travaux dirigés pour qu’un dialogue
s’établisse et qu’une atmosphère plus « familiale »
s’installe.
On nous donne
souvent pour flétrir la France, l’exemple de pays étrangers.
copions donc la Finlande qui obtient d’excellents résultats sans les
brimades qui ont cours en Asie laquelle dresse des singes savants, et
limitons les effectifs des classes à quinze élèves au maximum.
Si nous doublons les
salaires des professeurs qui accepteront de travailler dans les zones
difficiles, on verra des hommes d’expériences être candidats, non
pas seulement pour l’argent mais pour l’accroissement de
considération concomitante qui sera évidente et leur donnera la
sensation d’une grande utilité sociale.
D’autre part il faut
des moyens à la mesure de la richesse de la cinq-sixième puissance
du monde avec soixante-sept millions d’habitants.
Toutes les classes
devraient être équipées à la place de l’archaïque tableau noir
et de la craie, d’un écran géant ou viendrait s’inscrire le cours
que le professeur a préparé chez lui.
Un cours d’histoire
ou de géographie, ou de SVT aurait un tout autre intérêt soutenu
par des images ou même des séquences animées que la parole « nue »
du professeur.
Ce serait comme un
documentaire télé avec en sus la possibilité de poser des
questions.
Même les
mathématiques, la géométrie en particulier, seraient plus
captivantes, si le professeur est pédagogue, bien entendu.
L’avantage pour lui
serait qu’il ne tournerait pas le dos à ses élèves à se fatiguer
à écrire bras en l’air sur un tableau.
L’avantage pour les
élèves serait qu’eux non plus n’auraient pas à copier le tableau
mais recevraient soit un texte imprimé soit le cours sur des clés
USB.
En faveur des
établissements scolaires, les frais de droits d’auteur seraient pris
en charge par les collectivités. Beaucoup d’enseignants bénévoles
fourniraient à leurs collègues des documents sur internet.
Mais bien entendu,
on ne peut se dissimuler que certains cerveaux souffrent du simple
fait qu’on leur impose une effort permanent d’apprentissage abstrait.
Et que ces élèves-là
n’ont rien à faire dans des établissements d’enseignement. Et que
l’ennui et la souffrance qu’ils ressentent se traduit pas du chahut.
je ne vois pas pour cela, d’autres solutions que l’exclusion
définitive s’ils ont atteint les seize ans de la fin des études
obligatoires.