On ne peut pas séparer « rente immobolière » et « spéculation ».
La crise des subprimes
qui a atteint les Etats-Unis avant qu’elle ne se transforme en crise financière
mondiale, puis en crise économique était une conséquence de cette « rente
immobilière », et toutes les conditions sont réunies pour une
nouvelle crise dans l’immobilier. La spéculation est redevenue l’activité la
plus importante dans les salles de marché.
Après la crise financière, la première décision des affairistes
a été de tenter de relancer l’économie en relançant le crédit, alors que le
monde s’écroulait justement à cause d’un surendettement, une croissance de
l’endettement qui dure depuis trente ans et dont la cause est l’accroissement
de l’écart entre la part qui va dans les salaires et celle qui revient au capital
et qui alimente la spéculation dans la répartition de la richesse. Compenser
des salaires insuffisants par davantage de crédits, c’est soigner le mal avec
le même remède que celui qui a conduit à la crise.
Avec cette spéculation sur les marchés actions et sur les
matières premières, de nouvelles « bulles spéculatives » vont se
produire. La bombe à retardement, c’est l’immobilier commercial : les centres
commerciaux, les stations touristiques, les bureaux, un peu partout dans le
monde. Leur situation est financièrement dramatique. Tous ces actifs
immobiliers ont été achetés à crédit et leur niveau actuel de recettes ne
suffit pas à couvrir les échéances de crédits.
Les investisseurs qui se sont beaucoup endettés pour
acquérir ces biens immobiliers ne pourront plus renouveler leurs crédits, mais les
opinions publiques auront déjà oublié les promesses des gouvernants qui
voulaient tout réparer, qui voulaient réformer le capitalisme, le moraliser,
mais qui l’ont remis sur les rails malgré la gravité de la situation.
« There is no alternative », diront-ils…