L’inflation sémantique n’a jamais permis de clarifier les
réalités, au contraire.
Intituler « terrorisme » toute forme de « violence »
aboutit à ne plus comprendre de quoi on parle.
Le « terrorisme » est une tactique d’emploi de la
violence (sabotages, attentats, assassinats, enlèvements, prise d’otages ...) à
des fins politiques, pour déstabiliser et frapper massivement l’opinion
publique et les états concernés. Il peut être le fait d’individus ou de groupes
non-étatiques en lutte contre un régime politique, mais également constituer un
mode de gouvernement par la terreur ; il s’agit alors de terrorisme d’état.
Dans ce cas, ce sont souvent les intéressés qui accusent les autres de « terroristes »
en assimilant ce qualificatif à l’ »axe du mal ».
Tout emploi du mot « terrorisme » pose la question
de la violence légitime et du droit à la résistance d’une part, et de
l’illégitimité de la violence étatique de l’autre. L’appellation « terroriste »
utilisée par les états, les institutions ou les partis politiques est toujours péjorative
et contestée par ceux qu’elle désigne ainsi comme ennemis.
Utiliser les mêmes excès de langage sur le plan individuel
ne contribue pas davantage à faciliter les échanges que cela n’est le cas pour
les relations internationales.