Fabuleux artiste mort trop tôt. Merci de l’évoquer. Je lui dédicace ce modeste poème
Buckley
Hors des charniers matinaux
Délié des poids assourdissants
Posé sur le sable de nos retraites éblouies
Balançant tes gerbes d’étonnement
Ange hors tout
Tel un galet divin
Tu ricoches contres aubes et soirs
Inexorablement pur
Haillons et terres putrides
Loin sous toi
Ame fouet lumineuse
Criblant d’étoiles nos déveines déportées
Soutenu par les seules ondées écumées
Résonne ta sublime absence
Emportée par la contrée natale
D’une rivière noyée
Qui scelle et réincarne mon espérance
Ramenant tous les recommencements
Au coin des temps déliés
Fol esprit de l’ouvert
Démasquant les fausses présences
Pour laisser une incarnée ensoleillée
Nommée liberté
Soulever mon coeur vivifié
Vers ton intemporalité éprise
Ame feuille
Buckley
Note qui s’élève sans cesse un peu plus
Et passe d’arcs-en-étoiles prédestinés
Aux tendres neiges enfantées
Parcourant le céleste de tous les carrefours oubliés
Signe régénérateur qui ouvre et purifie
Les éléments premiers
Des disparitions échouées,
Et des cieux écartés déchus
Emportés par les rapides torrents
De l’affolement premier
Sous ta rumeur éthérée
Tout se dégage et se dévêt
Tu brises l’informel du rien
Et la houle glacée de toutes les amnésies
En toi le monde se réjouit
Se gracie
Douce lumière chantante
Tu Enchantes toute dépouille révélée
De l’après à l’avant
Tu tiens les flancs de l’impossible
Promulguant ton règne bienveillant
Te souvenant des algues folles
Et des portes entrebâillées
Astre tatoué par le divin
Buckley
Toupie d’échos rougeoyants
Cohorte mystérieuse A toi seul
Je vois ton avènement
A la bouche claire de l’inattendu
Tourné vers l’orbite métamorphosée
D’une fontaine sur éclairée
Proche du seuil de l’in emprunté
Tu donnes tes rendez vous
Hors de l’hostilité tournoyante
A tous les sans identité
Bientôt enfin dépossédé
Entrelacé
Buckley
Ce bas monde s’incline
Vers les gouffres de l’absolu
Pendant que tu brilles toujours un peu plus