Un homme politique qui pense que ses opinions passent avant les faits et vérités scientifiques, n’est pas sérieux. Et les débats organisés ici ou là sur le thème « qu’en pensez-vous » sont du même niveau. C’est comme si un homme politique nous disait « j’ai la conviction que la terre est plate ».
Le plus inquiétant avec Sarko, c’est que, à partir du moment où il a émis une opinion, il croit que c’est vrai et enjoint tout un chacun de penser comme lui. Cela me rappelle le vieux précepte Mitterandien « mon désir est la loi ». Et Sarko nous rabache en continu nombre de ses positions. Il en est ainsi de sa proposition de suppression des droits de succession. Comme si, parce qu’on est héritier d’un « riche », on serait dispensé de travailler toute sa vie. Et que l’état servirait à entretenir les écarts de richesse, sans aucune redistribution.
Ce phénomène Sarkozien de « je le pense donc c’est vrai » trouve 2 amplificateurs.
Tout d’abord, les médias sont couchés devant lui. C’est une tradition en France de courtiser les puissants. Mais sur cette élection on atteint des sommets. Pourquoi aucun journaliste n’a-t-il jamais demandé à Sarkozy « Pourquoi une grosse partie des Français ont-ils peur de vous ? ».
Ensuite, Sarko surfe sur le fond sectaire et ringard d’un électorat peu éclairé. Le bourgeois, le notable petit ou grand ou celui qui se croit tel, de par son parcours se retrouve bien dans le « je le pense donc c’est vrai ». Tout le processus de notabilisation est là dedans : adapter son environnement à son propre désir. Et notre sympathisant Sarkozien s’identifie pleinement en son héros.
Enfin, la position de Sarko a une signification précise (même si le point de départ est faux) : moi, Sarko,je ne m’occuperai pas des gens qui se suicident ou des pédophiles puisque cela est génétique. On sent qu’il aurait pu ajouter les homosexuels, les nègres ou d’autres.
La science n’en reste pas moins la science, et il n’y a pas de gène de la pédophilie. Et Sarko sera un bien petit roi.