Ce qu’on appelait « privilèges » au 18éme siècle,
c’était le droit de certains à percevoir directement des taxes et impôts,
différents d’une région à l’autre. C(était un terme fiscal, pas politique, ni
moral.
En fait, la nuit du 4 aout 1789, seuls les privilèges
honorifiques ont été abolis immédiatement et sans indemnités : la dîme et
les droits seigneuriaux (corvée, etc.) qui touchaient les personnes ont été définitivement abolis.
Par contre, tous les droits qui touchaient la terre (c’est-à-dire l’essentiel des
revenus des propriétaires de seigneuries, nobles
ou bourgeois) ont été déclarés rachetables :
les utilisateurs des terres soumises à redevances seigneuriales ont dû continuer le versement des impôts tant
que le montant estimé n’a pas été remboursé. En attendant le remboursement
définitif, il fallait, en plus, verser des intérêts fixés à 3 % annuels (ce qui
est relativement peu, mais les seigneurs pensaient se rattraper sur le montant
de la valeur estimée des redevances). Les seigneurs n’étaient pas obligés de
présenter les titres où étaient inscrites les redevances, la coutume étant
jugée suffisante pour justifier la perception des droits.
C’est que le soulèvement des petits paysans en juillet 1789 s’en
prenait à la propriété des nobles, des ecclésiastiques, mais aussi celle des
bourgeois qui avaient acquis des seigneuries et les droits féodaux qui s’y
rattachent.
La grande peur ? C’était celle de ces propriétaires qui
craignaient la destruction des titres renfermant les droits supportés par les
paysans et les terres qu’ils cultivaient
Le parallèle avec la situation actuelle est donc
acrobatique, parce que cette fameuse peur parait ne pas être dans le même camp
en 1789 et en 2020, suaf si l’on considère que, dans les deux cas, il s’agit de
manipulations, les Jacques du 18ème siècle ayant été
instrumentalisés par les notables pour justifier le rétablissement de l’ordre.