« Il ne fait plus trop de doute que les démocrates, et partout dans le monde, tournent la page d’une politique dure et droitière qui laisse désormais la main. Comme en France où les élections de dimanche prochain s’aligneront probablement sur la social-démocratie allemande ou italienne, en tous les cas européenne, et bientôt américaine comme notre propos l’amène. Finalement, les forces politiques du centre-gauche reçoivent, d’ores et déjà, le vent de la foule devenue favorable. Et les électeurs portent ces forces de la social-démocratie vers une grande traversée transatlantique qui changera certainement les politiques étrangères et l’avenir du monde dans un sens plus modéré et conciliant. Car ces changements annoncés sont inévitables, dès lors qu’on voit même les forces financières, traditionnellement ultralibérales, mettre la main à la poche pour écarter la politique de Bush qui a échoué, et pour soutenir enfin les démocrates partout. »
Niveau méconnaissance des Etats-Unis, on ne fait pas mieux :
« Il ne fait plus trop de doute que les démocrates, et partout dans le monde, tournent la page d’une politique dure et droitière qui laisse désormais la main. »
En Angleterre, les conservateurs sont bien partis pour reprendre la main et les travaillistes sont loin, très loin, d’une politique sociale et « soft » vu leur soutien à la guerre en Irak. Dans certains pays nordiques, la majorité social-démocrate a été remplacé par les conservateurs. Au Quebec, les dernières élections ont constaté la percée impressionnante d’un candidat « populiste » et loin de la vision idéaliste de la social-démocratie. En Italie, la gauche a remporté les législatives sur le fil. Elle a du rassembler l’ensemble de ses tendances pour y arriver et l’extrême-droite est bien présente en Italie du Nord, la plus développée économiquement. En Allemagne, la percée de l’extrême-droite en Allemagne de l’Est est très net et le virage « social-démocrate » n’a jamais eu lieu compte tenu de la grande coalition qui s’y est formé. Même la Chine, réputée « communiste », n’est plus qu’une dictature libérale avec parti unique. Je passe encore sur les relents nationalistes japonais qui n’ont jamais été aussi présent depuis la seconde guerre...
« Comme en France où les élections de dimanche prochain s’aligneront probablement sur la social-démocratie allemande ou italienne, en tous les cas européenne, et bientôt américaine comme notre propos l’amène. »
La social-démocratie n’est pas encore le courant majoritaire en France, loin de là. Et lorsque les sondages donnent la droite « dure » (S. + J-M Le Pen) a au moins 40% dès le premier tour, on peut sincèrement douter de votre analyse. Et n’allez pas parler de social-démocratie aux Etats-Unis... Les Etats-Unis sont entièrement tournée vers l’économie de marché , tant démocrates que républicain. Seul le degré change. Mais n’espérez pas que les Etats-Unis se mettent à l’Etat-providence et au modèle social français...
« Finalement, les forces politiques du centre-gauche reçoivent, d’ores et déjà, le vent de la foule devenue favorable. Et les électeurs portent ces forces de la social-démocratie vers une grande traversée transatlantique qui changera certainement les politiques étrangères et l’avenir du monde dans un sens plus modéré et conciliant. »
La vision typique européenne des « gentils » démocrates et des « méchants » républicains. 8 ans de Clinton et voilà ou on en est... 1.Vous considérez le parti démocrate/républicain comme des groupes bien structuré ayant une ligne politique claire (centre-gauche pour les démocrates...On croit rêver. La gauche américain n’existe pas. Un démocrate qui débarque en France serait considéré au mieux comme centre-droit au pire comme Ultra-libéral). Or, il est avéré que les élus démocrates/républicains sont dépendant de l’état où ils sont. Ainsi, un républicain de Californie sera plus « à gauche » sur bien des sujets qu’un démocrate de Virginie.
2.La politique étrangère des démocrates est loin d’être le « multilatéralisme ». Et seule une personnalité présidentielle forte tournée vers cet objectif pourrait changer la donne. L’ONU reste pour les Etats-Unis une institution qu’il faut gérer et que l’on tolère du moment qu’elle ne va pas à l’encontre de ses intérêts. Les démocrates comptent se replier dans une posture plus « isolationnistes » en intervenant beaucoup moins sur la politique étrangère mondiale, laissant chacun dans sa merde. Mais surtout, ne nous faites pas croire qu’ils seront « gentils » et règleront le conflit Israël/Palestine et celui d’Irak. Ils ne sont même pas d’accord entre eux pour établir un calendrier précis de retrait des troupes et certains élus démocrates y sont même opposés...
« Car ces changements annoncés sont inévitables, dès lors qu’on voit même les forces financières, traditionnellement ultralibérales, mettre la main à la poche pour écarter la politique de Bush qui a échoué, et pour soutenir enfin les démocrates partout »
1.Ce soutien est loin d’être une norme. Et la campagne aux Etats-Unis ne fait que commencer. Une fois le candidat républicain et le candidat démocrate désigné, les véritables soutiens financiers se mettront en place. Pour l’instant, ils sont nombreux à attendre celui qui sera le mieux à même de défendre leurs intérêts. 2.Ils ont soutenu G.W. Bush en 2000 par purs intérêts. Ils en feront de même pour la prochaine élection. Ils financeront celui ou celle qui n’ira pas à l’encontre de leurs désirs.
Quelle naïveté de croire que les industriels et les financiers vont se mettre, tout d’un coup, à soutenir les démocrates « partout » ! Allez voir « We feed the World » et vous constaterez la logique première que les financiers suivent : Le profit...et rien que le profit. Que ce soit sous une dictature communiste, une théocratie, une démocratie...Ils n’en ont rien à foutre, du moment qu’ils ont un environnement stable et une liberté de manoeuvre assez grande pour se déployer.
La révolution social-démocrate n’aura pas lieu. Et encore moins aux Etats-Unis.
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