Cet article est désolant et partial.
L’auteur n’a été sensible qu’à la forme et non pas au fond du problème quand il a tiré sa conclusion au sujet de la colère justifiée de Ségolène Royal.
Ce qu’elle reprochait à Sarkozy, ce n’était pas de faire pleurer dans les chaumières à propos des enfants handicapés, c’est d’utiliser ce thème comme argument électoral alors que l’UMP a complètement détruit le travail qu’elle avait fait.
Elle l’a traité d’immoral et il l’est indiscutablement. Elle ne pouvait effectivement pas laisser passer une telle preuve de mauvaise foi. C’est tromper les gens que de dire qu’on s’intéressera aux handicapés quand on a fait exactement le contraire.
Le parallèle de l’auteur avec l’évocation, par Ségolène Royal, du viol de deux policières au même endroit est donc « à côté des clous ». Il n’y avait d’ailleurs pas de pathos dans l’exposition des faits.
Je soupçonne l’auteur, quand il était enfant, de ne regarder que les images des bandes dessinées sans lire les bulles. C’est en tous cas ce à quoi son commentaire me fait songer.
Pour le reste, j’ai vu une Ségolène Royal maîtresse de son sujet, avec une stature de présidente, se tenant toujours bien droite et osant regarder son adversaire dans le blanc des yeux. A l’inverse Sarkozy s’est efforcé d’obéir à ses conseillers en adoptant une attitude qui n’est pas celle que tout le monde lui connaît. Bref, on a vu une femme décidée, sûre d’elle-même, fidèle à son discours et un adolescent quinquagénaire souvent recroquevillé sur lui-même, suant et principalement obnubilé par la peur de commettre une gaffe.
Sur le fond, Sarkozy a été pris en faute deux fois sur le dossier du nucléaire (17% et non 50%, 3e génération et non 4e) et il est aussi resté sans voix sur la remarque de Ségolène Royal à propos de la raison pour laquelle son parti n’a pas mis fin aux 35 h, ce qui signifie qu’il admet qu’il s’agit d’un progrès social.
Quant à la formule choc de Sarkozy (travailler plus pour gagner plus) dont le succès ne souligne que l’indigence intellectuelle de ses admirateurs, la candidate socialiste l’a facilement démonté en lui expliquant que les heures supplémentaires privent d’emploi des personnes qui en cherchent et alourdissent ainsi l’ardoise à charge des contribuables. Elémentaire mais pour l’appareil Sarkophage qui tente d’imposer Sarkozy par des shows médiatiques à faire rêver les bonimenteurs vendant des elixirs de jeunesse, l’important n’est même plus d’être crédible. Il a définitivement jugé que le niveau intellectuel moyen des Français confine à l’idiotie et les sondages semblent lui donner raison.
La défaite de François Bayrou aussi.
Je ne suis pas un supporter de Ségolène Royal. Mon favori était François Bayrou mais ça me ferait mal de voir la France élire Sarkozy alors que le reste du monde a compris combien étaient vides et dangereux les discours des Bush, Blair, Berlusconi et Aznar, comme par hasard, tous des amis de Sarkozy.
Sur l’Iran, je déplore les réponses des deux candidats. Quel pays l’Iran a t-il attaqué ? Le seul pays dangereux pour l’humanité est celui qui a déjà utilisé la bombe atomique et- si on le pouvait- c’est le premier qu’il faudrait désarmer.