Votre proposition de « veille citoyenne » me parait tout à fait dérisoire, voire farfelue : la presse doit demeurer libre, comme le peuple doit demeurer libre. On sait fort bien que le vrai pluralisme prôné par certaine presse écrite n’existe pas et ne peut exister, ne serait-ce que parceque les journaux appartiennent presque tous à des groupes familiaux ou financiers, groupes qui ont aussi droit à défendre leurs valeurs au moyen de la ligne éditoriale de leurs journaux. Très souvent, l’origine de cette presse avait précisément pour but de défendre des idées.
Faut-il s’inquiéter de cela ? Aujourd’hui, contrairement à un passé pas si lointain, tout a changé du pouvoir des médias... Les habitants de notre pays savent fort bien que près de 8 journalistes sur 10, possesseurs d’une carte de presse avaient voté à gauche, moins de 20 °/° à droite ou au centre, donc un état très loin d’être le reflet du vote moyen des Français. Il y cependant un espoir certain : Il y a soixante ans le peuple avait tendance à imaginer que « puisque c’était écrit dans les journaux », c’était vrai...Plus tard, « c’était probablement vrai », ensuite « c’était possible », etc... Aujourd’hui, le lecteur semble bien connaitre que « ce n’est pas parce que le prétend tel ou tel journal que c’est vrai » ; de plus en plus nombreux sont aujourd’hui les lecteurs qui se méfient des informations qui paraissent, sachant fort bien que par une présentation sournoisement orientée, on cherche à travestir la vérité, même si ce n’est pas toujours sciemment .