Les médias sont aujourd’hui tenus par deux laisses :
(a) le contrôle de leur capital par les groupes qui font des affaires par et avec les politiques.
Il serait assez facile de rompre cette dépendance en interdisant la possession de medias par ce type de groupes. Par exemple, L’Oréal pourrait, à la rigueur, posséder une chaîne de télévision, mas pas Bouygues, Vivendi ou Suez. La proposition en a été faite maintes fois, par Bayrou et même par Philippe Séguin. Je crois qu’il faudrait aller plus loin en imposant que les groupes propriétaires ne soient investis que dans les médias.
(b) le contrôle par la publicité, donc par les plus gros annonceurs, les groupes du CAC40. Exemple, vers la fin des années 80, la publication de la feuille d’impôts du PDG de Peugeot (Jacques Calvet si ma mémoire est bonne) par le Canard Enchaîné. Cette feuille d’impôts révèlait que le PDG augmentait considérablement son salaire quand, au même moment, il refusait toute augmentation à ses salariés en grève. L’information ne fut reprise par aucun autre medium, sauf par « l’Evènement du jeudi », dirigé par Jean-François Kahn. Celui-ci en paya immédiatement le prix, en perdant le budget Peugeot, indispensable à l’équilibre financier de son journal. Une même manoeuvre d’étranglement avait été initiée par Giscard d’Estaing en 1980-1981 contre « Le Monde » qui avait - très modestement - évoqué l’affaire des diamants de Bokassa.
Je ne vois que deux « modèles d’affaires » permettant de libérer les médias des deux dépendances :
1- le « journalisme citoyen » sur Internet, n’impliquant presqu’aucun financement,
2- le financement exclusif par les lecteurs, auditeurs ou télespectateurs. Suppression de la publicité sur ces médias donc.