Bonjour et merci pour cette excellente analyse dont les conclusions sont implacables :
Si aujourd’hui, nombreuses sont les voix en France qui s’indignent
de cette décision (sommation faite à la France de « rappeler » son ambassadeur au Mali) prise par les autorités d’un État souverain qu’est le Mali,
ces mêmes personnages, quelle que soit leur couleur politique devraient
peut-être surtout s’intéresser au ton extrêmement arrogant et irrespectueux qui
a été adopté à l’encontre du gouvernement malien par les représentants de
l’establishment hexagonal, en premier lieu sieur Le Drian ou encore frau Parly
– ministre française des Armées.
D’autre part et ce qui est flagrant, c’est que si le chef de la
diplomatie française, connu pour un être un personnage de premier poids du
système néocolonial françafricain et un ferme nostalgique de l’ère unipolaire,
parle d’une « junte illégitime », en faisant référence aux autorités
du Mali, ce personnage devrait peut-être surtout s’intéresser à une véritable
junte qui a pris le pouvoir par la violence de groupes extrémistes, bien
souvent d’obédience néo-nazie, dans un pays appelé l’Ukraine.
Et que dans cette même Ukraine, un régime issu d’un coup d’État a
été placé avec l’intervention occidentale, sur la simple base qu’une minorité
violente, mais bien entrainée aux techniques des révolutions de couleur à la
sauce Soros, ait destitué un président légitime et reconnu par la communauté
internationale, en l’occurrence Viktor Ianoukovitch. Au Mali, à l’énorme
différence du régime kiévien, le pouvoir en place dispose d’un énorme soutien
populaire national. Et cela – même les observateurs occidentaux sont forcés
d’avouer.
D’un autre côté, tout cela était prévisible. Et nous l’avons
plusieurs fois abordé à Observateur Continental, y compris en lien direct avec
le Mali et dans le cadre africain de façon générale. Le souci, c’est que les élites
atlantistes semblent effectivement être totalement incapables à faire preuve
d’un minimum de bon sens dans le cadre du monde multipolaire actuel. Confirmant
une fois de plus, que leur vision purement néocoloniale des affaires
internationales est peut-être effectivement un problème génétique. Dans tous
les cas, le cas clinique en question semble définitivement intraitable.
L’autre aspect qui accélère inévitablement la chute pas seulement
de la Françafrique, mais plus globalement la vision occidentale du monde en
Afrique, c’est ce comportement non seulement des politicards, mais également
des prétendus journalistes occidentaux qui souhaitent donner une image de
populations africaines incapables de faire les bons choix géopolitiques.
En qualité d’observateur de l’Afrique depuis de bien longues
années, et ayant un lien direct avec le continent ne serait-ce que du point de
vue biographique, je peux dire sans la moindre hésitation que les dits
personnages occidentaux devraient surtout se rendre à l’évidence que les
peuples africains n’ont absolument rien à envier en termes de capacités
analytiques aux petits chouchous issus des principales écoles de formations
occidentales. Des écoles qui ont vraisemblablement oublié de leur apprendre à
voir le monde d’un point de vue beaucoup plus large que de leur petit salon
parisien, londonien ou new-yorkais.
Plus que cela – dans le monde d’aujourd’hui les Africains ont pris
une avance considérable dans la compréhension des perspectives planétaires sur
les Occidentaux, bien qu’il soit nécessaire d’indiquer que l’éveil des
consciences est un processus qui touche également de très nombreux citoyens des
pays de l’Occident. Et ces personnes par ailleurs comprennent parfaitement que
la réalité multipolaire est un processus qu’il ne sera pas possible d’arrêter.
Pour finir et en ce qui concerne le risque d’une plus grande
rupture encore entre l’État malien et l’establishment élyséen, il faudrait
surtout faire remarquer que tout cela n’est que le résultat de l’incompétence
au niveau international des élus français. Évidemment, ce sera aux citoyens de
France d’en faire le jugement, le tout dans un cadre souverain. Tout comme ils
devront apprendre à respecter la souveraineté du Mali et de nombreuses autres
nations africaines.
Tout dernier point : si certains pensent qu’il sera possible
de stopper la chute pour l’establishment occidental après les événements en
cours au Mali – c’est qu’une fois de plus ils se trompent très certainement.
L’effet domino se poursuivra fort vraisemblablement à d’autres endroits du
continent africain, comme à d’autres endroits du monde.
Mikhail Gamandiy-Egorov
source : Observateur Continental