@Durand et Microf
Il me semble que vous oubliez tout un ensemble de travaux très importants accomplis dans le delta central du fleuve Niger avec de nombreux ouvrages hydrauliques qui ont été, hélas, abandonnés après les indépendances.
Pour avoir rencontré des ingénieurs chinois sur place j’ai vu un bureau d’études techniques qui travaillait avec des relevés hydrographiques et topographiques qui dataient des années...1920.
"Parcourant une large partie de l’espace soudano-sahélien, le fleuve Niger a
nourri, par ses ressources, des Empires qui ont marqué l’histoire africaine
(Sanankoua, 1990). Il est encore aujourd’hui à la base des moyens d’existence de
nombreuses communautés humaines. Dès les années 1920, d’importants
aménagements hydrauliques ont été planifiés, puis réalisés (Sotuba en 1925, puis
Sansanding/Markala en 1947), sur le cours moyen du Niger, au Mali, pour
permettre l’irrigation agricole à large échelle. Après les décennies 1950 à 1970
qui ont été dominées par les soucis d’entretien des infrastructures existantes, la
période allant de 1980 jusqu’à nos jours a vu la relance des aménagements, avec
la mise en fonctionnement de nouveaux ouvrages (Sélingué en 1981 et Talo en
2006) associés au développement d’espaces irrigués, sans oublier l’extension
apportée, dans une grande ampleur, aux périmètres existants. Par ailleurs,
plusieurs nouveaux barrages, notamment à Fomi sur le Haut-Bassin (en
Guinée), attendent un démarrage prochain de leur construction. En un siècle, le
cours supérieur et moyen du fleuve Niger sera passé, selon un processus
d’abord lent puis de plus en plus rapide, du statut d’écosystème naturel à celui
d’un système d’eau fortement artificialisé et régulé (Ferry et al., 2012).
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Les aménagements du fleuve ont contribué à la création de nouvelles activités
économiques pour le pays. La filière coton dans ses débuts, puis la filière riz et
enfin la canne à sucre aujourd’hui doivent beaucoup aux ouvrages hydrauliques
et à l’Office du Niger. Cependant, malgré l’existence d’une agence inter-États
pour la gestion coordonnée de l’ensemble du bassin, la cohérence des politiques
récentes déployées sur le Haut et Moyen-Bassin du Niger au Mali méritent
d’être questionnées, aussi bien au regard du choix implicite du modèle de
développement de l’agriculture que de la gestion de la ressource en eau."
Lisez la suite ci-après :
Droy Isabelle, Morand
Pierre, « Les grands aménagements sur le fleuve Niger : atout pour le
Mali ou facteur de vulnérabilité pour ses populations rurales ? », Mondes en développement,
2013/4 (n° 164), p. 57-70. DOI : 10.3917/med.164.0057. URL :
https://www.cairn.info/revue-mondes-en-developpement-2013-4-page-57.htm
Par ailleurs, ainsi que l’explique un remarquable spécialiste de l’hydrologie du Delta intérieur du Niger et des grands fleuves d’Afrique,Gil Mahé, "il est indispensable de repenser le lien que nous avons avec les
barrages, qui ne peut plus être celui que nous avions il y a 50 ans. Les
modifications à venir du régime du fleuve qui découleront des
prochaines constructions d’ouvrages, doivent s’accompagner d’études
approfondies sur le devenir des surfaces inondées et agricoles dans le
delta, et des conséquences pour les populations locales qui vivent
encore très nombreux au rythme de la crue du fleuve des fleuves."
https://www.initiativesfleuves.org/actualites/gil-mahe-ird-delta-interieur-niger-milieu-naturel-exceptionnel/
Quant au reste, il y a ceci :
https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/04/22/au-mali-le-delta-du-fleuve-niger-a-la-confluence-des-maux-saheliens_6077671_3212.html
On peut toujours tout critiquer mais, honnêtement, la France a bon dos, n’est-ce pas ?
Bien à vous,
Renaud Bouchard