Beau texte. Mais les bocages et les sources ont disparu, et les hommes qui allaient avec. Ainsi il y a encore une cousine de « Germain », pour écrire comme ces grands ainés, dont les textes donnaient prétextes à des dictées, où bien peu de mots difficiles étaient écrits au tableau, dans cette lointaine classe de CM2, où nous préparions l’entrée en sixième.
C’était le silence. L’instituteur répétait deux fois les prases. Une mouche bourdonnait au plafon. Un avion passait dans le ciel, de l’autre coté de la fenêtre. Plus tard, j’ai retrouvé tous ces grands auteurs champètes, embelissant nos provinces de leurs longues phrases ondoyantes, dressant des mythologies ennivrantes.
Genevoix, Giono bien sûr...Bosco, et son étrange « renard dans l’ïle », et ses gens de « Malicroix », si doux, en opposition à ceux des montagnes.. Les pays devenaient immenses, surtout s’ils étaient parcouru d’un fleuve, comme celui que Giono gonffla dans « le chant du monde », dans un vertige poétique. Comme ce « Pays où l’on n’arrive jamais », d’André D’Hôtel, que j’ai relu dernièrement, tentant de réveiller la ferveur de ce jeune garçon qui fugue, nostalgique d’une vision qui se dérobe devant lui.