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Pierre-Marie Baty 28 juillet 2022 23:56

A l’attention de tous les lecteurs de cet article, je me suis donné la peine d’apporter la traduction des documents photographiés ici que l’auteur s’évertue à refuser de voir en se bouchant les yeux avec les doigts. Voici donc ma contribution — les passages en gras reproduisent les passages surlignés ; mes rajouts sont entre crochets. Les liens hypertexte ont été rajoutés par mes soins.

— Page d’en-tête — 

Sécurité et Défense

Politique Européenne

Dossier de Février 1991

— Page 1 — 

SECRET

(acronyme puis) « buisson brûlant »

Émetteur : FCO (Foreign and Commonwealth Office, l’équivalent du ministère des affaires étrangères)

Destinataire : Washington, immédiatement

Ligne téléphonique n° : 460

À 18 heures 15 temps de Greenwich, le 7 mars 1991 (si je lis l’encodage correctement)

Informez immédiatement : Paris, Bonn, la délégation britannique à l’OTAN, Moscou

Mes 4 points d’instruction : réunion quadripartite des directeurs politiques à Bonn, le 6 mars : la sécurité en Europe centrale et Europe de l’Est

Résumé

  1. Le Royaume-Uni fait circuler le papier promis sur la sécurité en Europe centrale et Europe de l’Est. Consensus général sur le fait que l’admission au sein de l’OTAN et [la fourniture de] garanties de sécurité [aux pays demandeurs d’Europe de l’Est] sont inacceptables. Accord pour considérer la formulation d’une position commune à [la session de] printemps du Conseil de l’Atlantique Nord indiquant l’intérêt de l’OTAN dans la sécurité et la stabilité en Europe de l’Est. Renforcement des relations bilatérales et des contacts OTAN/Europe de l’Est. 

Détail

2. [Jürgen] Chrobog (Allemagne) dit que nous avions besoin de nouvelles idées sur la manière d’assurer notre rôle quant à la sécurité des pays d’Europe centrale et de l’Est. Nous avions été clairs dans les négociations 2+4 [nom du traité de Moscou] sur le fait que nous n’étendrions pas l’OTAN au-delà de l’Elbe (ce fut littéralement exprimé). Nous ne pouvions par conséquent pas octroyer le statut de membre de l’OTAN à la Pologne et aux autres [pays]. Nous pourrions cependant envisager de nous référer à nos intérêts dans ces pays dans de futures déclarations de l’OTAN. Des pas supplémentaires pourraient être entrepris au sein du Conseil de Sécurité et de Coopération en Europe et à travers des accords bilatéraux.

3. [Sir John] Weston a fait circuler un papier britannique à ce sujet et le présenta rapidement. Nous avons dû répondre aux demandes des pays d’Europe centrale et de l’Est pour obtenir des relations plus étroites avec l’OTAN. Ils étaient inquiets au sujet du danger éventuel d’une Union Soviétique ou d’une Russie revancharde, [mais aussi de l’] instabilité au sein de l’Union Soviétique qui pourrait possiblement déborder [sur leurs frontières] et aussi du risque de conflit entre les pays d’Europe de l’Est [eux-mêmes]. Notre but devrait être que les européens de l’Est deviennent des Etats prospères, démocratiques, et tournés vers l’Ouest, avec des forces militaires propres assez fortes pour dissuader toute intimidation mais pas assez pour présenter une menace à leurs voisins. Beaucoup des choses que nous pourrions faire pour eux seraient dans le champ économico-politique, et n’étaient pas dans l’attribution gratuite [de membre] de l’OTAN ou de l’Union Européenne de l’Ouest. Cependant, l’approche politico-économique ne serait pas suffisante par elle-même. Il semblait y avoir un besoin psychologique en Europe de l’Est pour examiner la dimension de la sécurité militaire. Il serait important dans notre réponse de ne pas ostraciser les Russes. Nous ne pouvions pas offrir aux européens de l’Est le statut de membre ni celui de membre associé de l’OTAN. Non plus que d’offrir des garanties de sécurité explicites ou implicites. Ils ne pourraient pas entretenir une relation avec l’OTAN en tant que groupe. L’OTAN ne pourrait pas non plus jouer un rôle de gardien de la paix dans la région. Nous devrions pousser davantage la réflexion sur un nombre d’autres possibilités, incluant :

  1. Des garanties de sécurité négatives telles que proposées par la Pologne ou la Hongrie : notre position initiale était que celles-ci n’étaient pas dignes d’être poursuivies.
  2. Une déclaration d’intérêt de l’OTAN envers les pays d’Europe Centrale et de l’Est.
  3. Divers contacts entre l’OTAN et ces pays couvrant des problématiques de défense et de sécurité, et aussi des contacts bilatéraux entre les pays occidentaux et des pays individuels d’Europe Centrale et de l’Est (il [John Weston] a listé les exemples donnés dans le papier britannique).

Notre position initiale était que la meilleure manière d’avancer serait d’envisager de se référer à notre intérêt envers ces pays dans la déclaration [concluant] le Conseil [inter]ministériel de l’Atlantique Nord de printemps ; un renforcement des relations avec l’Europe de l’Est ; des contacts bilatéraux et multilatéraux avec eux ; et [l’obtention de] progrès au Conseil de Sécurité et de Coopération en Europe sur les questions de gestion de crise.

4. [L’ambassadeur américain Raymond H.] Seitz est tombé d’accord. Une série

— Fin de la page 1, suite en réponse ci-dessous pour cause de taille limite atteinte — 


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