« Que dire de tous les soldats russes envoyés à la mort, que dire des soldats blessés, mutilés au cours de cette guerre ? »
Et que dire de ces milliers de civils des républiques du Donbass et de Lougansk massacrés depuis 2014 par les tirs de l’armée ukrainienne dans le silence assourdissant de la France et de l’Allemagne, pourtant censées garantir pour la partie ukrainienne le respect des accords de Minsk, soit non pas leur indépendance, mais leur autonomie administrative ?
... ou encore de ces milliers de civils russophones opprimés, martyrisés et torturés en toute indifférence occidentale et atlantiste par ces même milices ouvertement nazies qu’on nous présente maintenant comme les remparts des valeurs humanistes et démocratiques de l’€urope.
Bien sûr, la guerre est une malédiction probablement aussi vieille que notre humanité, et toutes coûtent leur prix de sang, de larmes et de malheur. Et je suis le premier à totalement vous approuver quand vous déclarez que la guerre est une boucherie qui déshumanise et avilit l’homme : l’histoire russe en a l’amère et très longue expérience, qui après avoir repoussée ses envahisseurs successifs - mongols, chevaliers teutons, ... - a su transformer en débâcle l’aventure napoléonienne et mettre à genou jusque dans sa capitale l’exterminateur nazi, ...
Autant la culture russe a pu dans le respect de sa propre tradition développer un humanisme (je vous renvoie à Tolstoï, et plus encore à toute la profondeur d’âme exprimée par la musique russe, pour plus amples développements) non-exempt - à l’inverse de celui développé par notre belle modernité - de spiritualité et d’un profond mysticisme, autant elle a au long des siècles su défendre avec toute la férocité guerrière nécessaire sa souveraineté, selon la très impitoyable logique présidant au jeu d’échecs.
Il semble par ailleurs que le vocabulaire du Kremlin commence à évoluer, et que d’une « opération spéciale de police » visant bien plus à préserver la souveraineté russe en endiguant les velléités occidentales et atlantistes à ses frontières ukrainiennes qu’à envahir cette dernière, on passe désormais à la reconnaissance d’une « guerre globale » de valeurs engageant la Russie - et bien d’autres nations dans son sillage - contre l’ensemble du Bloc Atlantico-Occidental et se menant tant sur le territoire ukrainien que sur l’ensemble du front géo-économique mondialisé.
Tout les camps y laisseront certes des plumes, mais il semble bien que nonobstant la propagande dont on nous abreuve, le Bloc Atlantico-Occidental et plus encore l’Union €uropéenne, nous compris, aient bien plus à y perdre qu’escompté par l’hubris démesurée de nos dirigeants occidentaux.
« Et les êtres humains, les familles meurtries ? C’est quantité négligeable ? Combien de Russes morts au combat ? Mieux vaut éviter d’en parler... »
Le fatalisme de l’âme slave, et si çà compte de Vladimir Poutine lui-même, vous répondrait probablement que ce n’est jamais - et pas moins pour leur adversaire que pour eux - « quantité négligeable », mais qu’ainsi va la guerre dont ils ont une si longue expérience, et que c’est le « destin ».
« L’armée russe subit des revers ces derniers jours : on peut craindre un désir de revanche et une recrudescence des combats. »
Désir de revanche, je l’ignore mais recrudescence des combats, sans aucun doute ! Il paraît bien clair pour les spécialistes qu’une fois les hostilités déclarées - pas que la Russie et ses dirigeants ont très longuement hésité à franchir -, elle ne s’arrêtera plus avant, soit d’être défaite ce qui semble infiniment peu probable, soit d’avoir atteint l’ensemble de ses objectifs. Le sang coulera donc encore ! ;-(
Bien à vous, en vous présentant mes respectueuses salutations ! 