Le fait
que les évangiles soient en grec, c’est-à-dire dans une traduction, dans une
autre langue que celle parlée par le Christ, est d’une importance capitale.
Cette traduction (issue de la Septante) ouvrait la voie à une infinité
d’autres, elle montrait le chemin, et surtout elle établissait un espace, une
distance entre la lettre du texte et le propos : ceci éliminait d’office toutes
les tentations d’absolutiser, de sacraliser le texte, que l’on peut observer
dans le judaïsme et dans l’islam. Il ne peut pas y avoir adoration des paroles
de Jésus, sacralisation et pétrification de celles-ci, mais il y a au contraire
ouverture sur leur contenu existentiel, c’est-à-dire sur la vie, qui est la
seule expression légitime de la foi.